‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 105 sur 390 · LA DEVIURE DB CUIRE · texte numérisé non relu

LA DEVIURE DB CUIRE

GLAIRE. Elle sort de b chambre voisine, tenant d'une main un verre d'eao, de Panlre une lampe; elle pose le verre sur la table et court k la fenêtre.

Brackenbourg, est-ce vous? Qu'est-ce donc que j'ai entendu? Personne encore? non, personne. Je vais mettre la

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lampe sur la fenêtre, pour qu'il voie que je veillé encore, que je l'attends toujours. ll'4n*a promis des nouvelles... des nouvelles ! . . . cruelle certitude ! . . . — E^mont condanuié ! Quel tribunal a donc osé le citer?... Et ils le condamnent! le roi le condamne I... ou le duc... et la gouvernante s'en va ! Orange hésite, et lousées amis... Est-ce là ce monde qu'on m'a tant dit être inconstant, volage, sans que jamais j'en aie rien su par moi-même? est-ce là le monde? — Il y aurait un être assez pervers pour haïr Tidole du peuple! et la perversilé serait assez puissante pour perdre en un clin d'œil celui que protège la faveur universelle? C'est ainsi, cependant... c'est ainsi... 0 Egmont! moi qui te croyais aussi sûr devant Dieu et devant les hommes que dans mes bras ! Qu'étais-je pour toi? Tu m'as nommée ta Claire y j'avais consacré toute ma vie à ta vie. . . Et que suis-je maintenant? En vain je tends ma main pour rompre le réseau qui t'enchaîne. Toi sans ressource, et moi libre ! — Ha clef est sur ma porte; je puis entrer et sortir à volonté... et je ne te suis bonne à rien!... — Oh! chargezmoi de fers, pour que je ne désespère pas tout à fait; jetezmoi dans le cachot le plus profond! qu'au moins je puisse me frapper la tête contre les murs humides, soupirer après la liberté, rêver comment je le délivrerais, comment je pourrais le délivrer, sans, les liens qui m'accablent... Mais je suis libre, i et dans ma liberté j'éprouve toutes les angoisses de l'impuissance! j'ai la douleur de ne pouvoir bouger un membre pour lui! — Hélas! cette faible portion de ton -existence, ta Claerchen, est comme toi captive; et, séparée de toi, elle épui^'6 les derniers restes de ses forces dans les convulsions de l'agonie ! . . . J'entends marcher, on tousse. . . Brackenbourg. . . c'est lui ! — Pauvre bon jeune homme ! ton sort n'a point changé. Ton amie t'ouvre sa porte la nuit; mais quel lugubre rendei. vous, grand Dieu!

Entre Brackenbourg.

CIAIRE.

Quelle pâleur! quel tremblement! Brackenbourg, q"'j a-t-il?

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