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tout ton prix; puis faire un suprême efiort, m'arracher de loi, et \e dire : Va-t'en !
FERDINAND
Et moi, il faut que je reste auprès de toi, et que je te regarde mourir, sans pouvoir l'empêcher ! Oh ! quelle voix suffirait à cette plainte? quel cœur ne succomberait sous cette douleur?
EGUONT.
Du courage!
FERDINAND
Du courage! tu peux en avoir, toi ; tu peux te résigner et marcher héroïquement au-devant de la mort, guidé par la fatalité. Mais moi, que dois-je, que puis-je faire? Tu triomphes de toi-même et de nous ; tu te survis dans ta gloire, et moi, je te survis misérablement, je me survis à moi-même. J'ai perdu ma lumière dans le festin, mon drapeau dans le combat ; l'avenir est sombre et triste pour moi.
Jeune ami, que, par un sort étrange, je gagne et perds au même instant, toi qui ressens pour moi les angoisses de la mort, qui souffres pour moi. non, tu ne me perds pas. Si ma vie fut un miroir où tu aimais à te contempler, que ma mort le soit aussi. Les hommes ne vivent pas ensemble uniquement lorsqu'ils sont rapprochés : l'absent peut vivre aussi avec nous. Je vis avec toi... avec moi j'ai assez vécu. — Chacun de mes jours à été marqué par (juelque plaisir; j'ai fait chaque jour, sans hésiter, ce que ma conscience m'a dit être mon devoir. Aujourd'hui finit ma vie, comme elle aurait pu finir plus tôt, bien plus tôt! aux sables de Gravelines. Je cesse de vivre ; mais j'ai vécu. Vis de même, mon ami ; jouis de la vie, et ne crains point la mort.
Tu aurais dû te conserver pour nous, tu l'aurais pu, tu t*es tué toi-même. J'ai entendu plus d'une fois des hommes sages s'entretenir de toi. Sur ton mérite, les avis étaient pa^ tagés; mais tous, amis et ennemis, se réunissaient à blârn^ ta conduite : c Oui, disaient-ils, il s'est engagé dans une