ACTE V
route périlleuse, i Que de fois n'ai-je pas souhaité de pouvoir t'en avertir! N'avais-tu point d*amis?
Je fos averti.
FERDINAND
Et toutes ces charges, comme je les retrouvai mot pour fflot dans raccusation ! et tes réponses! assez bonnes pour te JDstifier, pas assez pour te faire rendre justice.
Ne parlons plus de cela. L'homme croit mener sa vie. se diriger lui-même ; mais une force irrésistible Tentratne à sa destinée. Pensons à tout cela le moins que nous pourrons. Quant à moiy je me soustraiis facilement à ces idées... plus difficilement à mes inquiétudes pour ma malheureuse patrie!— n n'importe; d'autres y pourvoiront. Si mon sang est versé pour tous, s'il procure à mon peuple la paix et la liberté, je le verse avec plaisir... Hélas! il n'en sera point ainsi... Hais il ne convient pas à l'homme qui va mourir de s'inquiéter de ce qui se fera sans lui. — Toi, si tu peux modérer, guider le zèle exterminateur de ton père, n'y manque pas... Qui le pourrait?... Adieu.
FERDINAND
Je ne puis te quitter!
Jeté recommande mes gens. J'ai de braves garçons à mon senice : qu'ils ne soient pas dispersés, maltraités ! — Qu'est devenu Richard, mon secrétaire?
FERDINAND
II t'a précédé ; ils l'ont décapité, comme complice du crime de haute trahison.
Pauvre âme I — Encore un mot, et puis adieu, car je n'en pois plus ! Quelque occupé que soit l'esprit, la nature est là <iui réclame impérieusement ses droits : de même qu'un eniant sommeille dans les replis du serpent, ainsi l'homme fatigué s'étend sur le seuil de la mort, et y repose profondément, comme s'il avait encore un long chemin à foire. — Un seul
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mot donc. Je connais une jeune fille ! tu ne la mépriseras pas, parce qu'elle s'était donnée à moi. En te la re(x>mmalidant, je meurs tranquille : tu es un homme d'honneur, et une femme qui trouve un tel homme n'a rien à craindre. — Mon vieil Adolphe vit-il? est-il libre?
FERDINAND
Ce bon vieillard qui vous accompagnait toiyours à cheval?
EGMOKT.
Lui-même.
FERDIlfAHD.
11 vit, il est libre.
II sait sa demeure : fais-toi conduire par lui, et récompense-le jusqu'à la fin de ses jours de t'avoir guidé vers ce trésor. — Adieu.
Non, je ne sortirai pas.
EGM ONT, le pous&ant vers la poilt.
Adieu.
FERDINAND
Ohl laisse-moi! encore un mot!
Amiy point d'adieui !
n accompagne Ferdinand jusqu'à la porte, et s'arrache de ses kw* Ferdinand, é^^du, s'éloigne précipitamment.
EGMONT, seul.
Barbare I tu ne croyais pas me faire tant de bien en m'envoyant ton fils. Par lui, je suis délivré des inquiétudes, du chagrin, de la crainte, de tous sentiments pénibles. —J& sens la nature qui demande son dernier tribut. — C'est fini, la sentence est portée ! la nuit dernière, l'incertitude me tenait éveillé; cette nuit, la certitude va m'endormir. (ii â'assiad sur le lit. Musique.) Doux sommeil, tu t'empares de nous, ainsi qu'un bonheur pur, inattendu, qu'on n'a point invoqué, 'h dénoues les pensées douloureuses, tu confonds toutes les images de la tristesse et de la joie, le cercle des harmonies