‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 116 sur 390 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

intérieures se dessine à son aise... Saisis d'un doux égarement, nous nous sentons faillir et nous cessons d*étre...

n s'eodort; ]» mnsique accompagne wn sommeil. Le mur contre lequel est «io5$é son lit s'entr'oaTre, et on voit se déployer une brillante apparition, la Liberté, en habits célestes, baignée de clarté, repose sur un nuage. EU* lies traits de Claire; elle se penche vers le héros endormi. Sa phy&io» BOffiie eiprime un sentiment triste et tendre : elle parait gémir sur lui. Hais bientôt eUe se relève, et, d'un geste encourageant, lui montre U fiûseeaa de flèches, le sceptre et le bonnet. Elle semble l'inviter à la joie, A>aa lui annonçant que sa mort affranchira les provinces, elle le reconnaît vaioqueiir, et lui tend une couronne de laurier. Au moment où elle s'apprête i poser la couronne sur son front, Egmont fait un mouvement eomme quelqu'un qui s'agite en dormant ; de bortequeson Tisage se trouve dirigé vers elle. Elle tient la couronce suspendue sur sa tête. On entend àt fort loin une musique guerrière de fifre» et de tambours ; aui premiers MDs de cette musique, l'apparition s'évanouit. Le bruit devient plu& fort; Egmont s'éveille. La prison est faiblement éclairée des rayons du matin. Son premier mouvement est de porter la main sur son front; il se lève et Kgarde autour de lui en tenant toujours la main sur sou front.

... Elle n'y est plus, la couronne !... Vision enchanteresse, la lumière du jour t*a fait disparaître!... Oui, c'étaient elles, elles y élaient réunies, les deux plus douces joies de mon cœur. La divine Liberté avait emprunté les traits de ma bien-aimée; cette fille charmante avait pris le céleste costume de la protectrice de mes jours. En ce grave moment, elle semblait plus sérieuse qu'aimable. Elle marchait devant moi les pieds teints de sang, les plis flottants de sa robe souillés de sang. C'était mon sang, le sang de bien des nobles.. . Non, il n'aura pas coulé en vain. Accours, brave peuple! la déesse victorieuse te guide ! Gomme on voit la mer rompre ses di* gués, rompez, démolissez de concert le rempart de la tyrannie, précipitez-la du terrain qu'elle s'arroge insolemment..» (i4$ tambours approchent.) Silence I... Ah! que de fois ce bruit m'a ouvert le champ libre du combat et de la victoire! Avec ^els transports de joie mes compagnons s'élançaient dans le ■entier périlleux de la gloire!... En sortant de ce cachot, je ^rcbe aussi à une mort glorieuse ! je meurs pour la liberté. Pour elle, j'ai vécu et j'ai combattu; maintenant, je lui offre ^ vie en sacrifice.

IIq« ligne de soldats espagnob, portant des hallebardes, vient se ranger ta

fond du théâtre.

170 EGHONT.

E6M0KT, aux Espagnols.

Oui, avancez en front de bataille! serrez vos rangs! vous ne m'elTrayez pas, je suis accoutumé à regarder des lances. C'est lorsque l'appareil menaçant de la mort m'environne que je sens redoubler la vie au fond de mon cœur. (Tambours.) L'ennemi t'enveloppe de toutes parts! les êpées briUent! Courage, amis, vous avez derrière vous parents, femmes, enfants!... Hais ceux-ci (montrant du doigt les Espagnols), parquoi

sont-ils excités? par leur courage? non, par une parole du maître. — Peuple, défends tes biens! et pour sauver ce que tu as de plus cber» tombe avec joie, comme je t'en donne ici l'exemple.

Tambours. Il marche aux Espagnols d'an pas ferme, et sort par la porte da foDd. — Le rideau tombe. — La musique reprend et termine la pièce ptf une aymphonie tnompbale.

m »'■§ Koxff*

>IÈGK BN CINQ ACTES — IR VBRS —

JTOO

PERSONNAGES

ALPHONSE n, dac de Ferrare.

^O^OBE D'ESTE, sa sœur.

LEO.NORE SAI^VITALE, comtesse de Scandiano.

TORQDATO TASSO.

ANTONIO MONTECATINO, secréuirt d'ÉUt

La scène est à BeIriguardOt maison de plaisance du due»

Page 1