‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 127 sur 390 · ACTE I. lui · texte numérisé non relu

ACTE I. lui

quand vous avez prouoncé? Mais, dis-moi, (jui a placé celte couroune sur la tête de TAriosle?

liONORE.

Cette main !

ANTONIO

Et elle a bien fait. Ces fleurs Tornent mieux que les plus fastueux lauriers. De même que la nature recouvre son seiii précieux d'un vêtement de verdure uuancé de raille couleurs, ainsi rArioste enveloppe des draperies fleuries de la fable tout ce qui peut seul faire aimer et respecter Thomme. I^a joie, l'expérience, la raison, la force d'esprit, le goût et le sens pur du vrai beau, tout dans ses chants se spirilualise et se personnifle à la fois ; tout semble s'y reposer comme au sein des fleurs, s'imprégner de la poussière argentée qui satine leurs feuilles légères, se couronner de roses et l'entourer comme par magie des folâtres jeux de l'amour, fe loin murmure la source de l'abondance, offrant à nos yeux mille sirènes enchanteresses. L'air est rempli d'oiseaux rares, le bocage, la prairie de troupeaux venus des régions elrangères. La malice est aux aguets, à demi cachée dans le leuillage; la sagesse, du fond d'un nuage d'or, fait retentir parfois quelques sentences sublimes, tandis que la folie, sur ^ûluth harmonieux, semblant chercher en désordre quelques accords sauvages, garde cependant toujours la mesure. Celui ^ûi ose se risquer près de l'Ariosle mérite déjà une couronne P^orson audace. Pardonnez si je me sens inspiré moi-même, ^ si, semblable à l'homme en extase, je ne songe ni au ^PSf ni au lieu, ni à mes paroles : ces poètes, ces couromies, les vêtements de fête de ces belles femmes, tout ^^ transporte à mon tour dans un autre monde.

LA PRINCESSE

Celui qui sait si bien apprécier le mérite de Tun ne peut rester aveugle au mérite de l'autre. Tu nous montreras quelque jour, dans les chants du Tasse, ce que nous sentons, €t ce dont toi seul sais te rendre comp!e.

ALPHONSE

Suis-moi, Antonio. J'ai encore à te demander bien des choses que je suis curieux d apprendre. Ensuite, jusqu'au déclin du soleil, tu seras tout entier aux dames. Viens. — Adieu.

Antooio suit le prince. — Le Tasse s'éloigne avec les femmes.

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