SCÈNE IV Les Pb£cédents, ALPHONSE
Dans quel combat vous trouvé-je engagés? Qui aurait pu s'y allendre?
ANTONIO
Tu me vois, ô prince! opposer la patience à un homme que la rage a saisi.
LE TASSE
Je te conjure comme mon Dieu de la dompter d'un seul de tes regards !
ALPHONSE
Racontez-moi l'un et l'autre comment la discorde a pu pénétrer dans mon palais. Gomment s'est-elle emparée de vous? comment, dans son délire, a-t-elle entraîné des hommes raisonnables hors des voies des convenances? Je reste confondu!
LE TASSE
Tu ne nous connais pas, je le crois bien. Cet homme fameux par sa sagesse, par Turbanité de ses mœurs, vient d'agir envers moi avec autant 'de grossièreté que de malice, en homme sans éducation, sans nobles s^timents. Je m'approchais de lui avec confiance, il m'a repoussé; mon amitié insistait, et il n'a cessé de me traiter toujours avec plus d'aigreur et d'amertume, jusqu'à ce qu'il ait changé en fiel les plus pures gouttes de mon sang! Pardonne! j'ai para à tes yeux comme un furieux; mais si je me suis rendu coupable, la faute en est à lui tout entière; à lui, qui a violemment attisé dans mon âme l'incendie qui pouvait devenir funeste à tous les deux.
ANTONIO
L'élan poétique l'entraîne ! Prince, c'est à moi que tu t'es d'abord adressé ; qu'il me soit maintenant permis de pa^ 1er à mon tour après ce fougueux plaideur.