‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 138 sur 390 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ANTONIO

Tu sais aussi peu qai tu es, qu*où tu es.

LE TASSE

n n est point de sanctuaire qui nous impose l'outrage. C'est toi qui offenses, qui profanes ces lieux, non pas moi qui suis venu rofl'rir confiance, respect, amitié, le plus beau des bommagcs. C'est ton esprit qui infecte ce paradis, tes paroles <}ui souillent celte salle sainte, et non pas le bouillant ressentiment de mon cœur qui se soulève pour repousser l'injure.

ANTONIO

Quelle humeur hautaine dans une âme étroite !

LE TASSE

11 y a encore assez de place ici pour lui donner carrière.

ANTONIO

C'est ce que fait le vulgaire avec des mots.

Si ta es gentilhomme comme moi, montre-le.

ANTONIO

Je le suis, certes; mais je sais oh je suis.

LE TASSE

Viens avec moi là où n^us pourrons user de nos armes.

ANTONIO

Conune tu ne devrais pas Texiger, je ne te suivrai point.

LE TASSE

Une pareille raison n'est bien accueillie que de la lâcheté.

ANTONIO

Le lâche ne menace qu'eâ lieu sûr.

LE tasse;.

C'est une sauvegarde que je repousse avec joie.

ANTONIO

Si tu n'as point égard aux lieux où tu te trouves, aie au 'ûoins pitié de toi-même.

LE TASSE

Que ces lieux me pardonnent de les violer I (n met répée i la main.) En garde! ou suis-moi, si tu ne veux pas que j'aie ^eruellement pour toi autant de mépris que de haine !

2ia TORQUATO TiSSO.

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