ACTE II
ANTONIO
Tu sais aussi peu qai tu es, qu*où tu es.
LE TASSE
n n est point de sanctuaire qui nous impose l'outrage. C'est toi qui offenses, qui profanes ces lieux, non pas moi qui suis venu rofl'rir confiance, respect, amitié, le plus beau des bommagcs. C'est ton esprit qui infecte ce paradis, tes paroles <}ui souillent celte salle sainte, et non pas le bouillant ressentiment de mon cœur qui se soulève pour repousser l'injure.
ANTONIO
Quelle humeur hautaine dans une âme étroite !
LE TASSE
11 y a encore assez de place ici pour lui donner carrière.
ANTONIO
C'est ce que fait le vulgaire avec des mots.
Si ta es gentilhomme comme moi, montre-le.
ANTONIO
Je le suis, certes; mais je sais oh je suis.
LE TASSE
Viens avec moi là où n^us pourrons user de nos armes.
ANTONIO
Conune tu ne devrais pas Texiger, je ne te suivrai point.
LE TASSE
Une pareille raison n'est bien accueillie que de la lâcheté.
ANTONIO
Le lâche ne menace qu'eâ lieu sûr.
LE tasse;.
C'est une sauvegarde que je repousse avec joie.
ANTONIO
Si tu n'as point égard aux lieux où tu te trouves, aie au 'ûoins pitié de toi-même.
LE TASSE
Que ces lieux me pardonnent de les violer I (n met répée i la main.) En garde! ou suis-moi, si tu ne veux pas que j'aie ^eruellement pour toi autant de mépris que de haine !
2ia TORQUATO TiSSO.