‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 15 sur 390 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ai^rès de son palais? Ne me le cache pas, et ne m'en veuille porat si je t'annoDce le premier celte abominable nouvelle.

iPuiGémiB.

Dis^oi comment fut accompli cet exécrable forfait.

PTLADE.

Le jour de son arrivée, le roi sortant du bain, frais et reposé, voulut recevoir ses vêlements de la main de son épouse. Alors la perfide jeta sur les épaules du prince et autour de sa noble tête un manteau à grands plis artistement apprêté; et, comme il faisait d'inutiles efforts pour se débarrasser de ce filet, Égysthe, le traître Égysthe, le frappa, et c'est enveloppé de ce linceul que ce grand monarque passa chez les morts.

IPHIGÉifIB.

Et quelle récompense reçut le conspirateur?

PTLADE.

Un royaume et un lit qu'il possédait déjà.

IPHIGÉNIE

Ainsi elle a été poussée à ce crime afireux par une passion impure?

PTLADE.

Qui se joignait au profond ressentiment d'une ancienne vengeance.

IPHIGÉNIE

Et en quoi le roi offensa- 1 -il son épouse?

PYLADE

Par une action barbare qui excuserait ce meurtre si le meurtre était excusable. U l'attira en Aulide, et, comme une divinité opposait des vents impétueux à la traversée des Grecs, il mena devant l'autel de Diane l'aînée de ses filles, Iphigénie, qui tomba, victime sanglante, pour le salut de l'yrmée. Celte cruauté grava, dit-on, dans le cœur de Clytemneslre une haine si profonde pour son époux, qu'elle se livra aux sollicitations d'Égysthe, et enveloppa elle-même son mari dans les filets de la mort.

IPHIGÉNIE, se voilant.

C'est assez; tu me reverras.

20 IPHIGËNTË EN TAURIDE.

PTLADE, seul.

Elle semble profondément émue du sort de» la famille royale. Quelle qu'elle soit, il est certain qu'elle a connu le roi, et que c'est le rejeton d'une illustre famille amené ici en esclavage pour notre bonheur. Mais, silence, mon cœur; Téloile de l'espérance nous sourit; marchons vers elle avec résolution et prudence.

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