‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 16 sur 390 · SCÈNE I IPHIGÉNIE, ORESTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I IPHIGÉNIE, ORESTE

IPUIGÉNIE.

Infortuné! je brise tes liens; mais c'est le présage d'un destin plus rigoureux. La liberté qu'assure ce sanctuaire est un avant-coureur de la mort, et ressemble aux dernières lueurs d'une vie qui va douloureusement s'éteindre. Je ne puis, je n'ose encore me dire à moi-même que vous êtes perdus! Comment d'une main homicide pourrais-je vous sacrifier? Et nul autre, quel qu'il soit, n'osera toucher à vos têtes aussi longtemps que je serai prêtresse de Diane. Si pourtant je refuse de remplir ce devoir, qu'exige le roi courroucé, il choisira pour me succéder dans mes fonctions une des vierges sacrées, et je cesse alors de pouvoir vous aider autrement que par mes vœux. 0 digne compatriote I si le dernier serviteur qui a touché le foyer des dieux paternels nous est si bienvenu dans le pays étranger, puis-je vous recevoir avec assez de joie et de bénédiction, vous qui m'offiez l'image des héros que mes parents m'instruisaient à révérer, et qui me remplissez le cœur d'une nouvelle et flatteuse espérance?

ORESTE

Caches-tu à dessein et par prudence ton origine et ion

Page 1