‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 158 sur 390 · ACTE ly · texte numérisé non relu

ACTE ly

non de moi ; il est sage et, hélas ! je ne le suis pas; il travaille à ma perte, et je ne puis, je ne saurais me défendre. Mes amis même laissent aller les choses, ils les voient avec d'autres yenx que les miens : à peine s'ils résistent quand ils devraient combattre. Tu crois qu'il faut que je parte? je le crois aussi. Vous tous donc, adieu ! je supporterai encore cette douleur nouvelle. Vous vous êtes séparés de moi : force et courage me soient donnés pour me séparer de vous !

LéONORE.

Tout ce qui, vu de trop près, se confond à nos regards, s'éclaircit par l'éloignement. Peut-être reconnaîtras-tu plus tard quelle aflectioii te suivit en tout lieu, de quel prix est la constance de véritables amis, et combien peu le monde, avec toute sa grandeur, remplace ceux qui se serrent autour de nous!

LE TASSE

C'est ce que nous verrons. Mais n'ai-je pas déjà vu, jeune encore, de quel train va le monde, avec quelle aisance il nous abandonne au dénûment, à la solitude, et poursuit loin de nous sa route, impassible comme le soleil, la lune et les

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