‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 173 sur 390 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

ta présence le découragement a-t-il pa saisir et abattre ton âme? C'est bien toi! Et c'est bien moi, aussi! Continue, laisse-moi entendre de ta bouche tout ce que peut dicter la compassion ! Ne me refuse pas tes avis ! Oh ! parle, que dois-je faire pour que ton frère me pardonne, pour que tu trouves toi-même plaisir à me pardonner, et que je puisse avec transport me compta encore au nombre des TÔtres? Diste-moi!

LA PRINCESSE

Nous ne voulons de toi que bien peu de choses, et il semble pourtant que ce soit trop. Nous demandons de Tabandon, de l'amitié, rien qui te sorte de ce que tu es réellement, rien, si tu n*es d*abord content de toi-même. Ta joie fait naître la nôtre; tu la détruis en la repoussant; et si parfois notre patience se lasse, c'est que, pleins du désir de venir à ton secours, nous voyons, hélas! qu'il n'y a point de secours à te donner, et que tu ne fais rien pour saisir la main que nous tendons avec effort vers toi, sans pouvoir atteindre la tienne.

LE TASSE

Tu es encore telle que tu m'apparus pour la première fois : un ange, un ange sacré ! Pardonne à la vue troublée du morte), s'il t'a méconnue un instant. Maintenant il te reconnaît! son âme s'ouvre tout entière pour te rendre hommage, son cœur tout entier se remplit de tendresse! La voilà, elle est devant toi ! que sens-tu donc? Ce qui l'entraîne vers toi, est-ce du délire? est-ce de la frénésie? ou bien n'obéit-elle qu'à un sentiment plus relevé, qui embrasse la plus haute, la plus pure vérité? Oui, c'est ce sentiment qui seul peut me rendre heureui dans ce monde et qui me faisait tant souITrir quand je lui résistais et voulais le bannir de mon cœur. Cette passion, j'essayais d'y résister. Je combattais et combattais en. core, avec le plus intime de mon être; j'osais vouloir anéantir cet être qui t'appartient si pleinement.

LA PRinCESSE.

Si ta veux que je t'écoute plus longtemps, ô Tasse, modère des transports qui m'effrayent.

260 torqi:ato tasso.

LE TASSE

Le bord du vase retient-il le vin généreux qui bout, écume, monte, et s'élance en pétillant? Chaque mot de ta bouche révèle mon bonheur; tes yeux, à chaque mot, brillent d'une lueur plus vive. Je suis changé, je le sens, jusqu^au fond de mon âme ; je me sens dégagé de toute nécessité commune, libre comme un dieu, et tout cela je te le dois! On pouvoir inelTable qui me subjugue découle de tes lèvres. Oui, tumefais tout à toi ; rien de moi-même ne m'appartient plus désormais. Mon regard se trouble à tant de bonheur et à tant d'éclat; mes sens chancellent, mon pied ne me fixe plus à ma place! Tu m'entraînes iirésistiblement vers toi ; mon cœur s'élance vers le tien sans que je puisse l'arrêter ! Tu m'as conquis tout entier pour toujours ; prends donc aussi mon âme tout entière !

U tombe dans ses bras, et la aeire avec force contre Iti. LA PRUVCESSE, le repoussant et recolant arec prteipitatioD.

Arrière !

LÉOlfORE, accourant, aprôa avoir paru depuis quelques instants au fond

de la scène.

Qu'est-il arrivé? 0 Tasse ! ô Tasse !

Elle suit la prineesse.

LE TA8SB, sur le point de les suivre.

0 Dieu I

ALPHONSE, qui, avec Antonio, s'était déjà approché des autres

personnages.

n perd l'esprit, arrête-le.

UMli

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