‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 197 sur 390 · SCÈNE IV Lbs Précédents, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

SCÈNE IV Lbs Précédents, LE CHEVALIER

LA MARQUISE

Il paraît que vous avez aussi peu dormi que moi.

LE CHEVALIER

Certes, celte fois, le comte a bien exercé notre patience, et parliculièrenient la mienne. 11 nous a fait resler une grande heure dans le jardin; puis il nous a ordonné de monter en voilure et de retourner chez nous; pour lui, il est entré dans h maison avec le chanoine.

LA MARQUISE

Enfin, nous voici donc tous arrivés heureusement à la

ville.

LE CHEVALIER

Mademoiselle est votre nièce que vous nous avez annoncée?

LA MARQUISE

C'est eUe.

LE CHEVALIER

Je vous prie de me présenter à elle.

LA MARQUISE

Voici le chevalier Greville, mon digne ami,

LA NIÈCE

Je me réjouis de faire une aussi agréable connaissance.

LE CHEVALIER, la considérant avec atteolion.

Votre tante n'a rien dit de trop; certes, vous serez le plus bel ornement de notre société.

LA NIÈCE

Je m'aperçois qu'il faut s'accoutumer dans le grand monde a entendre ces expressions flalteuses. Je sens combien je les ttérite peu, et j'en suis confuse au fond du cœur; il y a peu

i9S * LE GRAND GOPHTB.

de temps encore, de pareils compliineuts m'auraient fort e»barrasbiêe.

LE CHEVALIER

Qu'elle parle bien !

LA MARQUISE s'assied.

Ne vous disais-je |)as d'avance qu'elle pourrait vous devenir dangereuse 7

LE CHEVALIER s'assied près d'eUe.

Vous plaisantez, marquise.

Le marquis prie par «estes sa nièce de lui arraQfl:cr quelque dtoseà la cocarde de bon chapeau, au coriloa de »» caonu ; elle le fait en .n'asseyant à une petite table en face de la marquise; le marquis demeure debout w près d'elle.

LA MARQUISE

Comment avei-vous lais^^é le chanoine?

LE CHEVALIER

Il pnraissait triste et embarrassé ; je ne l'en blâme pas; te comte nous a surpris; et je dirai même qu'il venait pour nous tous i'ort à contre-temps.

LA MARQUISE

Et ne vouliez-vous pas lutter à main armée contre ses esprits?

LE CHEVALIER

Je VOUS assure que depuis très-longtemps l'arrogance du comte m'éiait innipportable; je lui aurais déjà plusieurs fois offert le duel si son état, son âge, sou expérience et ses autres qualités, plus que sa bonté pur moi, ne m'eussent inspiré le plus grand respect; je ne le nie pas : souvent il m'est suspect ; parfois il me fait l'eflet d'un menteur, d'un imposlenr, et en même temps je suis attaché et comme euchaiiié à lui* par le pouvoir de sa présence.

LA MARQUISE

A qui cela n*amve-t-il pas?

LE CHEVALIER

A. vous aussi?

LA MARQUISE

A moi aussi.

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