‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 198 sur 390 · ACTE IL . S · texte numérisé non relu

ACTE IL . S

LE CHKVALIER.

Et ses miracles ! ses esprits !

LA MARQUISE

Nous avons des preuves si forles, si sûres de sa puissance surnaturelle, que ma raison y est prise, quand même mon cœur ne s'accommoderait pas de ses façons.

LE CHEVALIER

Je me trouve dans le même cas, quoique mes doutes soient plus forts. Mais cela doit se décider iâentôt, aujourd'hui même, car je ne crois pas qu'il y ait moyen de l'éviter. Lorsque aujourd'hui, vers le raidi, il nous donna la liberté de sortir du jardin (car je dois avouer que nous lui obéissions ponctuellement, ei qu'aucun de nous ne hasardait un seul pas sans son ordre), il vint à nous et s'écria : « Soyez bénis, vous qui obéissez à la main d'un père qui vous châtie; la plus b^^Ue récompense vous est assurée. J'ai vu le fond de vos cœurs. Je les ai trouvés droits. Aussi devez-vous aujourd'hui même connaître le Grand Cophte.j»

LA MARQUISE

Aujourd'hui même?

LE CHEVALIER

11 l'a promis.

LA MARQUISE

A-t-il expliqué comment il le ferait voir, en quel lieu?

LE CHEVALIER

Dans la maison du chanoine, dans la loge égyptienne, oh il nous a inities. Ce soir.

LA MARQUISE

Je ne comprends pas. Le Grand Cophte serait-il déjà arrivé?

^ LE CHEVALIER

C*est incompréhensible |K)ur moi.

LA MARQUISE

Le chanoine le connaitrait-il, et l'aurait-il caché jusqu'à présent?

LE CHEVALIER

Je ne sais que penser; mais, quoi qu'il en soit, je suis

-SQI LE GRAND GOPHTE.

déterminé à démasquer Fimposteur dès que je le décou- Trirai.

LA VARQUISE.

En amie, je ne puis vous conseiller une aussi héroïque entreprise; croyez-vous que ce soit une chose si facile?

LE CHRVAUER.

Quel miracle a-t-il donc fait devant nos yeux? et, je vous le demande, s'il continue à nous faire attendre le Grand Coplile, si enfui tout cela aboutit à une mascarade, sil veut nous imposer un vagabond de son espèce comme le graud mailre de son art, avec quelle lacilité les yeux du chauoine •et de toute la bande se de>siIJeront!

LA MARQUISE

Ne le croyez pas, chevalier; les hommes aiment mieux l'obscurilé que le grand jour, et c'est précisément dans Tobcurité qu'apparaissent les fantômes : et réfléchissez alors à quel danger vous vous ex[K>sez si, par une action précipitée €l inconsidérée, vous offensez un tel homme. Je le vénère toujours comme un être surnaturel. Et sa magnanimité, sa libéralité, sa bienveillance pour vous \ ne vous a-t-i\ pas présenté dans la maison du chanoine? ne vous favorise-l-il pas >de toutes les manières? ne pouvez-vous pas espérer de faire par lui votre bonheur, bonheur qui est pour vous très-éloigné, puisque vous n'êtes que le troisi >me de votre familier Hais vous éies distrait. Je me trompe Ibrt, chevalier, ou vos yeux sont plus occupés de ma nièce que votre esprit ue l'est •de njes paroles.

LE CHEVALIER

Pardonnez-moi ma curiosité. Dn objet nouveau attire iffOr Jours les regards.

LA MARQUISE

Surtout quand il est séduisant.

LE MARQUIS, qui jusqu'alors s*est entretenu bas avec la niice.

Vous êtes distraite et vos yeux semblent dirigés de ce ctte

LA NIÈCE

Je regardais ma tante; elle n'a pas diangé depuis que jo ne Tai vue.

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