‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 239 sur 390 · ACTE lY. 3f · texte numérisé non relu

ACTE lY. 3f

LE MARQUIS

Le péril est plus grand si tu restes. Ma femme est bien assez hardie pour soutenir cette fable, mais aussi longtemps seulement que cela sera faisable. Jusqu'à ce que le premier terme de paiement arrive, et même un peu plus tard, elle est assez en sûreté. Cependant je ne puis te laisser ici.

LA NIÈCE

Songez que. i..

LE MABQDIS.

Je ne sais comment expliquer ta conduite. Serait-il possible que l'on m'eût déjà enlevé ton cœur! Non, ce n'est pas possible; tu es égarée, mais tu n'es pas changée. Ne te laisse pas éblouir par l'apparente richesse du chanoine; nous sommes maintenant plus* riches que lui, qui va se trouver sous peu dans un très-grand embarras. J'ai tout calculé exactement; tu peux encore cette nuit représenter le personnage de la princesse. C'est l'intention de ma femme que je vous accompagne en sortant d'ici, et que je poursuive ensuite ma roule. Je prends pour cet objet une voiture particulière. Dès que la scène est jouée, alors je déclare net à la marquise que tu vas me suivre. Tu résisteras un peu, et je t'entraînerai de force. Elle ne fera pas d'esclandre, de crainte que tout ne se dévoile. Tu ne m'écoutes pas? qu'as-tu donc?

L4 HIECE.

Pardonnez-moi. Ce projet..., je suis confondue..., je reste muette. Réfléchissez dans quelle position nous laisserons derrière nous ma tante.

LE MARQUIS

Elle se tirera bien d'embarras elle-même; elle est assez adroite. Elle a poussé les choses assez loin, et nous ne gâtons rien à son plan. Bref, je ne veux, je ne puis me passer de toi; et » jamais tu as douté de mon amour, tu vois maintenant combien il est ardent. Je ne te laisserai pas ici en proie à tant de pièges, de dangers. Avant huit jours, tu serais perdue pour moi. La passion insensée du chanoine pour la princesse, n'exclut pas chez lui d'autres intrigues. Au bout de quelques jours tu serais en apparence sa souveraine; mais, dans le

fait, sa très-obéissante maîtresse. Viens. Je l'ai résolu et ne ni*en dépars pas. (n rembnsae.) Tu m'appartiens, et nid ne peut t'enleyer i moi. Ha femme n'a jamais été un obstacle pour moi; et pourvu qu'elle tire heureusement de là ses pierreries, elle nous pardonnera volontiers le reste. Qu as-la donc? tu parais troublée.

Là NIÈCE.

C'en est fait de moi! Conduisez-moi ot vovis voudrez.

LE HARQDIS.

Apprends que tout est en règle. J'ai fait, sous un prétexte, empaqueter le plus nécessaire par ta femme de chambre. Bientôt nous serons habillés à neuf, et mieux que jamais. 0 ne faut pas nous embarrasser de notre vieille friperie.

Il emmène la nièce désespérée, qui regarde encore quelquefois en arrière

du côté dn cabinet.

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