‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 238 sur 390 · SCÈNE VU LA NIÈCE, LE MARQDIS · texte numérisé non relu

SCÈNE VU LA NIÈCE, LE MARQDIS

LE MARQUIS enlr'ouTrant la porte.

Êtes-vous seule, petite nièœ? Un seul mot.

LA MIÈCE. (Pendant que le marquis regarde en dehors, elle donne proœp'

teraent un coup d'œil à son miroir.)

J*ai l'air d'avoir pleuré, d'être confuse. Que vais-je dire?

LE UARQIIIS l'embrassant et la serrant avec force contre soncœor.

Délicieuse créature!

LA HIÈGE le repoussant.

Au nom du ciel, marquis !

LE MARQUIS

Nous sommes seuls, vous n'avez rien à craindre.

La nièce 8*arrachant de ses bras.

La marquise m'attend, (a part.) Si le dievalier était encore là!

LE MARQUIS

Qn*avez-vous I vous paraissez toute bouleversée.

LA NIÈCE

Ah! Dieu! les soupçons de ma tante

LE MARQUIS

Tu m affliges, chère enfant; mais je veux te sauver.

LA NIÈCE

Vous savez cependant que, cette nuit, je dois jouer le rôle de la princesse. C'est affreux ! Venez.

Elle regarde avec terreur du côté du cabinet. LE MARQUIS.

Demeurez, demeurez; c'est précisément là le sujet de ma visité. Jouez bien cette nuit votre rôle, et ne vous inquietei de rien.

Ul niÈGE.

Allons-nous-en.

LE MARQUIS

Non pas; je voulais vous dire

LA NIÈCE

Nous en aurons tout le temps demain.

LE MARQUIS

En aucune façon. Tous paraissez traiter cela bien légèrement.

LA NIÈCE

Je suis dans le plus grand einbarras.

LE MARQUIS

Vous êtes encore menacée, pour celte nuit, d'un événement bizarre auquel vous ne pensiez pas.

LA NIÈCE

Quoi donc? vous m'effrayez.

LE MARQUIS

Vous devez partir avec moi.

LA NIÈCE

Avec voua?

LE MARQUIS

Vous dites ce mot avec une sorte de répugnance.

Je ne sais ce que je dois dire.

LE MARQUIS

Je vais vous éclairer en peu de mots. La mascarade à laquelle VOUS vous préparez n*est pas une simple plaisanterie. Ma femme a obtenu, au nom de la princesse, un important service du chanoine, et vous devez exprimer la reconnaissance de la princesse à cette pauvre dupe.

LA NIÈCE embarrassée.

Je dois lui donner une rose.

LE MARQUIS

Belle récompense pour un tel service ! Sachez que le chanoine, dans son aveugle passion, né s'est laissé entraîner à rien moins qu'à acheter le beau collier des joailliers de la cour.

3li LE GRAND COPHTE.

LA «làCE.

Le collier!

LB MARQUIS

Que nous avons tant admiré hier lorsque nous achetâmes cette bague.

LA ?(IBCE.

Cela n'est pas possible.

LE MARQUIS

Tellement possible, que j*en ai déjà une pirfie dans ma poche.

LA mbiB, Vous? que veut dire cela! On pourrait écouter.

LE MARQUIS

Venez donc de ce côté, (ii s'afproche do cabinet^ Oui, mon enfant, le chanoine Ta possédé à peine un quart d'heure. D fut presque tout de suite dans les mains de ma femme, pour être livré ce soir même à la princesse. Que ma femme fat heureuse en cet instant ! que je le fus moi-même. Elle sépara impitoyablement ce beau travail. Ce fitt pour moi un crèvecœur, de voir ce précieux bijou ainsi mutilé, et je ne pus recevoir de consolation que du charmant petit paquet qu'elle me prépara poiir mon voyage. J'ai au moins pour cent mille livres de pierres dans ma poche. Je pars aujourd'hui pour TAngleterre où je vais convertir le tout en argent, et acheter une foule d'objets précieux.

LA MIÈCE, qui jusque-là a caché le plus grand embams.

Quelle dangereuse entreprise!

LE MARQUIS

Ce n'est pas le moment de craindre, mais d'oser.

U NIÈCE

Je vous souhaite du bonheur.

LE MARQUIS

Il faut me porter bonheur, plutôt que de me le souhaiter. Tu dois être, tu seras ma compagne de voyage, chère enfant.

LA NIÈCE

Vous voulez m'exposer à ce péril?

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