ACTE
rendrez au prince ud plus grand service qu'en lui découvrant l'effroyable vérité que sa fille, sa fille unique et chérie...
LE COLONEL
Je connais mon devoir. Je n^ vois ici que mes prisonniers; je ne songe qu'à mon ordre, et je raccomplirai.
LA MARQUISE
Où tout cela tend-il?
LE HARQUIS.
Oh! pourquoi suis-je venu ici?
LA NIÈCE
Mes craintes étaient fondées.
LE CHANOINE
Je suis donc le plus infortuné des hommes! Quelle intention a-t-on ici? Est-il possible! que peut ordonner le prince contre ce qu'il a de plus cher au monde? Ma souveraine... ines amis... c'est moi qui fais votre malheur ! Oh! pourquoi feul-il que je vive? pourquoi aimer ainsi? pouriquoi n'ai-je pas suivi la pensée qui m'est venue plus d'une fois d'aller sur une terre étrangère émousser mon cœur et mon ambition en les appliquant à d'autres objets? Pourquoi n'ai-je pas fui? Ah! pourquoi des liens m'ont-ils toujours retenu? Je pourrais vous faire des reproches, me maudire, me haïr, et cependant, si je m'examine en ce moment, je ne puis désirer un autre sort. Je suis encore le plus heureux mortel au sein démon malheur!
LE COLONEL
Terminez, monsieur, car il en est temps, et écoutez-moi.
LE CHANOINE
Oui, je vais finir; mais délivrez d'abord notre souveraine. Quoi ! elle demeurerait ici dans des ténèbres humides pour entendre l'arrêt d'un malheureux qu'elle honore de son intérêt! Non, qu'elle retourne dans ses appartements; qu'elle ne reste pas plus longtemps exposée aux regards de ces vauriens qui se réjouissent de sa confusion. Hâtez-vous, hâtezvous, princesse : qui pourra vous résister? Et cet homme qui ose me faire prisonnier, et ces colosses qui m'arrêtent avec leurs hallebardes, sont tous vos serviteurs. Partez :
S58 LE GRAND GOrPHTE.
adieu. Qui tentera de tous retenir? Hais n'oubliez pas un homnie qui a pu enfin se prosterner â vos genoux, qui a osé enfin avouer que vous êtes tout pour lui dans lunivers. Jetez un dernier regard sur ses tourments, sur sa douleur, et puis abandonnez-le au cruel destin qui a conspiré contre lui.
Il M jette aux pieds de U oièce, qui s*appuie sur la marquise; le marquis est près d'elle, dans un grand embarras; ce qui forme sur le c6té droit dn tbéAtre, un groupe dans lequel se Uttuvent les deux Suisses. Le eoM •t deux autres Suisses occupent le côté gauche de U scèM.