‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 255 sur 390 · ACTE T. S · texte numérisé non relu

ACTE T. S

qiie j'avais entrepris cette aventure avec le désir de te la cacher. Tu sais ce qui s'est passé; tu en connais la malheureuse issue; autrement tu ne serais pas arrivé. Par cette seule apparition, Grand Cophte, tu obliges plus d'âmes nobles que tu n'en as peut-être vu réunies dans ton long pèlerinage sur la terre. Devant toi est un ami, il y a peu d'instants le plus

.heureux, maintenant le plus infortuné de tous les hommes. Ici est une dame digne du plus heureux sort; là des amis qui

, ont essayé l'impossible dans la chaleur de leur affection. Il s'est passé quelque chose d'incroyable. Nous tous qui sommes ici, si nous soulTrons, c'est pour n'avoir pas eu confiance en toi. Aurais-tu ménagé le rendez-vous? Ta sagesse, ta puissance, auraient-elles combiné les circonstances? (Réfléchissant uu instant et continuant avec résolution.) Non, je ne formerai plus de vœux, je ne me plaindrai plus; car, si, dans cette aventure, tout avait réussi à notre gré, tu n'aurais pas eu l'occasion de te faire voir dans ta splendeur, et, semblable au deus ex machina, de venir mettre un terme à notre embarras, (ii

s'approche du comte familièrement, le sourire à la bouche.) Que dé-

cidez-vous, mon ami? Voyez, déjà nos gardiens sont comme frappés de stupeur; un seul mot de vous, et ils tombent dans un assoupissement qui leur fera oublier ce qui s'est passé, et alors nous nous échapperons heureusement de leurs mains. Allons, mon ami, serrez-moi sur votre cœur; accordez-moi mon pardon et ma délivrance.

LE COMTE, l'embrassant avec gravité.

Je te pardonne. (Au colonel.) Nous partirons bientôt d'ici tous ensemble.

LE COLONEL, souriant.

Ohl oui, très-volontiers.

LE chânoihe.

0 miracle!

Lk MARQUISE, au marquis.

Que veut dire ceci? S'il allait encore nous sauver 1

LE MARQUIS

Je commence à croire qu'il est réellement sorcier.

LB COLOKEL.

Je n'ai pas besoin d'entendre davantage tous tos discours; seulement je vois clairement à qui j'ai alfaire et ce que j'ai è faire. (Se retournant.) Mais approchez, jeune homme; vous m'avez assez longtemps laissé seul.

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