SCÈNE
LOUISE, tricotant près d*ane table, où se trouve une lumière; GÂAOLINE, endormie vis-à-vis^ dans un large fauteuil.
LOUISE, tenant en l'air un bas qu'elle vient d'achever»
Voici encore un bas! Maintenant je voudrais que mon oncle rentrât, car je n*ai pas envie d'en commencer un autre. (EUe se lève et va à la fenêtre.) Il reste aujourd'hui dehors plus tard que de coutume; c'est ordinairement vers les onze heures qu'il rentre, et il est déjà près de minuit. (Elle revient à la table.) Je ne puis juger du bien ou du mal que la Révolution française a causé; je sais seulement qu'elle m'a rapporté quelques paires de bas de plus cet hiver. J'aurais perdu mon temps à dormir, au lieu de l'employer à tricoter comme je
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fais en attendant H. BrêmCi qui, au lieu de dormir^ le passe à causer.
GÂBOLIHE, rêvant.
Non... non... mon père!
LOUISE, 8 approchant da fauteail.
Qu'y a-l-il, chère cousine? Elle ne répond pas. Cette bonne Caroline, que peut-elle avoir? Elle est tranquille et pourtant agitée; elle ne dort pas la nuit, et maintenant qu'elle s'est endormie de fatigue, elle parle en rêvant. Mon soupçon serait-il fondé? Le baron aurait-il fait sur elle, en si pea de jours, une impression si prompte et si forte? (s'avançant.) Ta es étonnée, Louise ! et n'as-tu donc pas éprouvé toi-même de quelle manière agit l'amour? avec quelle promptitude et avec quelle force?