ACTE I
aussi sincères que ses regards et sa conduite sont aimables et séduisants! Âh! et la manière dont il sait parler de tout! comme il s'exprime noblement ! Qu'on dise ce qu'on voudra, quels avantages ne donne pas à un homme de noble naissance une éducation conforme à son rang! Ah! si j'étais son égale!
LE BARON, à la porte.
Êtes-vous seule, chère Caroline?
CAROLINE
Monsieur le baron, doii venez-vous? Éloîgnez-vous! Si mon père rentrait! Ce n'est pas bien de me surprendre ainsi...
LE BARON
L'amour qui m'amène plaidera ma cause auprès de vous, adorable Caroline.
Il veut Tembrasser.
CAROLINE
Laissez-moi, monsieur le baron. Vous êtes bien hardi ! D'oi^ venez-vous?
LE BARON
Un cri m'éveille; je descends, et je trouve que mon neveu s'est fait une bosse à la tête. Je vois votre père auprès de l'enfant; votre cousine y arrive aussi; je juge qu'il n'y a pas de danger. Il me vient à l'esprit que Caroline est seule, et à quoi penserais-je dans chaque occasion, si ce n'est à Caroline? Les moments sont précieux, charmante enfant; avouezmoi, dites-moi que vous m'aimez.
Il veut Tembrasser. CAROLINE.
Encore une fois, monsieur le baron, laissez-moi, et sortez de cette maison.
LE BARON
Vous m'aviez promis de me voir aussitôt que possible, et maintenant vous voulez m'éloigner?
CAROLINE
J'ai promis de me rendre demain matin, avant le lever du soleil, dans le jardin, et de m'y promener avec vous, d'y jouir de votre société; mais je ne vous ai pas prié de venir ici. u. 37
LE BAROlf.
HaisToccasion...
CAROLINE
Je ne l'ai pas faite.
LE BAROR.
Hais j'en profite; pouvez-vous m'en saToir mauvais g:ê?
CAROLINE
Je ne sais plus ce que je dois penser de vous.
LE BABON.
Vous non plus, permettez que je vous l'avoue franchemeal) TOUS n'éles pas reconnaissable.
CAROLINE
Et en quoi me trouvez-vous changée?
LE BARON
Pouvez-vous le demander ?
CAROLINE
U le faut bien, puisque je ne vous comprends pas.
LE BARON
Dois-je le dire?
CAROUNB.
Oui, si TOUS Toulez que je vous comprenne.
LE BARON
Eh bien! n'avez-TOUspas, depuis les trois jours que je vous connais, recherché toutes les occasions de me voir et de me parler?
CAROLINE
Je ne le nie pas.
LE BARON
Vos yeux ne m'ont-ils pas répondu toutes les fois que je vous ai regardée? et quels regards !
CAROLINE, embarrassée.
Je ne saurais voir mes propres regards.
LE BARON
Mais vous sentez ce qu'ils signifient. Lorsqu'au bal je vous pressais la main, ne pressiez-vous pas aussi la mienne?
CAROLINE
Je ne m'en souviens pas.
LE BARON
Vous avez peu dé mémoire, Caroline. Lorsque nous toi|rnions autour du tilleul, et que je vous serrai tendrement contre moi, Caroline ne me repoussa pas alors.
CAHOLINE.
Monsieur le baron, vbus avez mal interprété ce qu'une âUe sincère et sans expérience...
LE BARON
H*aimes-tu?
CAROLINE
Encore une fois, laissez-moi. Demain matin...
LE BARON
Je dormirai.
CAROLINE
Je TOUS dirai...
LE BARON
Je n'entendrai rien.
CAROLINE
Vous m'abandonnez .donc?
LE BARON, s'éloignanU
Oh ! je suis fôché d'être venu.
CAROLINE, seule, après un mouTement pour le retenir.
H part, je dois le renvoyer, je n'ose le retenir; je l'aime, et je dois le chasser; j*étais imprudente, et je suis malheureuse. Mes espérances sont évanouies; ils sont évanouis, ces rêves dorés que j'étais assez folle pour nourrir. Oh! qu'il faut peu de temps pour changer notre soii !