‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 295 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

même intérêt que nous dans Taflaire des rentes, la route ne le regarde pas, et puis il s'est montré trop insouciant pendant tout le procès.

BRÈME

Eh bien, voyons, asseyez-vous et écoutez-moi.

Us s*asseyent.

Je suis bien impatient d'entendre.

BRÈME

Vous savez que les communes ont déjà depuis quarante ans un procès avec la seigneurie, lequel, après de longs détours, est enfin arrivé à Wetzlar et ne sort plus de là. Le seigneur de cette terre demande des corvées et d'autres services que vous refusez, et cela avec raison ; car il a élé conclu un recès avec le grand-père de notre jeune comte, qui (Dieu le conserve !), s'est fait cette nuit une terrible bosse en tombant.

MARTIN

Une bosse?

PIERRE

Cette nuit même?

ALBERT

Comment cela est-il arrivé?

MARTIN

Ce pauvre cher enfant!

BRÈME

Je vous conterai cela après; écoutez maintenant la suite. D'après ledit recès, les communes cédèrent à la seigneurie quelques arpents de bois, quelques prairies, quelques pâtù- ^gcs, et d'autres bagatelles qui n'étaient d'aucune importance pour vous, et qui étaient très-utiles à la seigneurie; ^f 9 à ce qu'il parait, le vieux comte était un homme habile, ^ais en même temps un brave homme ; sa sentence était : ^ivre et laisser vivre. Pour cela, il céda aux communes quel- <iues corvées dont il pouvait se passer, et..*

Et ce sont celles que nous sommes encore toujours obligés de fournir.

BBÉME.

Et leur accorda quelques fiiveurs...

MARTIN

Dont nous ne jouissons pas encore.

BRÈVE

Justement. Le comte étant mort, la seigneurie prit possession de ce qu'on lui avait cédé ; la guerre commença, et les sujets furent obligés à plus qu'auparavant.

PIERRE

G est exactement ainsi, car je l'ai entendu plus d'une fois de la bouche des avocats.

BRÊHE.

Et je le sais encore mieux que les avocats, car je vois plus loin. Le fils du comte, le seigneur défunt, devint majeur juste à ce moment. C'était, par Dieu, un rude et méchant diable, qui ne voulut rien nous rendre, et nous maltraita d'une façon pitoyable. U entra en jouissance, et le recès avait disparu sans qu'on pût savoir où le trouver.

ALBERT

Sans la copie que le ministre défunt nous a faite, c'est a peine si nous saurions qu'il a existé.

BRÈME

Cette copie est votre bonheur et votre malheur. Valable aux yeux de tout homme juste, devant le tribunal elle ne sert à rien. Si vous n'aviez pas celte copie, vous ne seriez pas assurés dans votre cause ; si l'on n'avait pas présenté cette copie à la seigneurie, on ne saurait pas combien ses intentions sont iiqustes.

MARTIN

Il faut pourtant aussi rendre à chacun justice. La coiQ' tesse ne nie pas qu'il n'y ait beaucoup de raisons pour nous; elle refuse seulement de faire le contrat, parce que, n*étant que la tutrice de son fils, elle n'ose conclure une pareille af- &ire.

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