‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 296 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ALBERT

La tutrice de son fils! N'a-t-elle pas fait ajouter une aile au château, qu'il n'habitera peut-être jamais? car il n'aime pas ce pays.

PIERRE

El surtout à présent cpi'il s'y est fait une bosse.

ALBERT

N'a-t-elle pas fait faire le grand jardin et les chutes d'eau

pour lesquelles on a été obligé de vendre plusieurs moulins?

Elle ose exécuter tout cela comme tutrice ; mais ce qui est

juste et raisonnable, elle ne l'ose pas.

BRâME.

Albert, tu es un brave homme ; j'aime bien à entendre parler ainsi, et j'avoue que j'aimerais aussi à imiter mon roi en me constituant votre avocat, quoique notre comtesse me comble de bontés, et que, pour cela, je sois son très-humble serviteur.

PIERRE

Ce serait fort beau ; faites seulement qu'on en finisse bientôt avec notre procès.

BRÊUE.

Pour moi, je n'y puis rien , c est affaire à vous.

PIERRE

Gomment s'y prendre?

BRÈME

Bonnes gens, vous ignorez comment va le monde ; vous ignorez que ce qui était impossible il y a dix ans est possible aujourd'hui. Vous ignorez tout ce qu'on entrepieud, tout ce qu'on exécute.

HARTUf.

Ohl non; nous savons bien qu'il se passe de singulières choses en France.

PIERRE. v^

Des choses singulières et détestables.

ALBERT

Singulières et bonnes.

BRÈME

A merveille, Albert; il faut choisir le bon parti. Je dis donc que ce qu*on ne peut obtenir de bon gré, on doit le prendre par force.

MÀRnir.

Est-ce bien là le bon parti?

Sans doute.

PIERRE

Je ne le pense pas.

BRÈME

Mes enGuits, je dois vous le dire à présent ou jamais.

ALBERT

Vous n'avez pas besoin de tant nous prêcher : à Wiesen< gruben, nous sommes déjà tout prêts! Nos gens voulaient se soulever depuis longtemps; mais je lesen ai toujours empêchés, parce que monsieur Brème m'a toujours dit qu*il n'était pas encore temps, et que c'est un homme d'esprit dans lequel j'ai confiance.

BRÈME

Je vous remercie, compère, et je vous dis : HaintenaDt il est temps.

ALBERT

Je le crois aussi.

PIERRE

Ne le prenez point mal si je ne vois pas les choses comme vous. Je puis savoir quand il est temps de se saigner, de se purger, de se ventouser : je vois cela dans Talmanach; mais quand vient le moment favorable de se révolter? J6 crois qu'il est bien difficile de répondre à cette question.

BRÈME

Pour cela il faut un homme comme moi.

ALBERT

Il est dair que vous le savez.

PIERRE

Mais dites-moi donc d'où cela vient que vous vous y enendcz miçux que d'autres gens d'esprit?

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