‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 298 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

eontre nous! Non, non, ne soyons pas téméraires à ce pointlà. La troupe, le prince, le gouvernement, nous arrangeraient de la belle façon.

BBÊIIS,

Tout an contraire, c*est justement là-dessus cpie je compte. Le prince n*jgnore pas comme le peuple est opprimé; il s*est assez souvent expliqué en termes clairs et énergiques sur Tinjustice de la noblesse, sur la longueur des procès, sur la chicane des justiciers et des avocats; de sorte qu*on peut présumer qu'il ne se fâchera point de ce qu*on se rend justice quand lui-même en est empêché. '

PIERRE

Cela est-il bien sûr?

ALBERT

On en parle dans tout le pays.

PIERRE

Alors on pourrait en effet hasarder quelque chose.

BREME

Avant le soir vous saurez lout : comment tous devez vous y prendre; comment vous devez, avant toutes choses, mettre de côté Tabominable justicier, et qui vous aurez encore à observer. Préparez vos alTaires, animez vos gens, et soyez ce soir, à six heures, près de la fontaine du château. Jacques se rend suspect de n'être pas venu. Oui, il vaut peut-être mieux qu'il ne soit pas venu. Faites attention à lui, qu'au moins il ne vous nuise pas; il voudra bientôt prendre sa part de ce que nous gagnerons. Le jour paraît; adieu, et pensez que ce qui doit se faire est déjà fait. La comtesse revient précisément de Paris, où elle a vu et entendu ce que nous lisons avec tant d'adnfiration; peut-être elle-même rapporte-l-elle de là des sentiments plus doux, apnt appris ce que les hômiQcs peuvent et doivent faire pour leurs droits quand ib sont opprimés.

MJLRHN.

Portez-vous bien, compère; adieu ! A six heures précises je serai près de la fontaine.

4ft0 LES nftVOLTiS.

ALBERT

Vous êtes un brave homme. Adieu.

PIERRE

Je vous louerai bien si la chose réussit.

MARTIIV.

Nous ne savons comment vous remercier.

BRÈME, atec dignité.

Tous avei assez de moyens de m'obliger; par exemple, le petit capital de deux cents thalers que je dois à Véglise, vous pourriei me le remettre.

VÀRTIlf.

Cela ne nous coûtera point.

ALBERT

Notre commune est riche, et fera volontiers quelque chose pour vous.

BRÈME

Cela se trouvera; ce joli pelit terrain communal que le justicier a fait clore de haies et mettre en jardin, il vous reviendra, et vous me le céderez.

ALBERT

Sans le moindre regret.

PIERRE

Nous ne resterons pas non plus en arrière.

Vous-même vous avez un beau garçon et une charmante campagne; je pourrais lui donner ma fille en mariage. Je ne suis pas fier, croyez-moi, je ne suis pas fier : je vous nommerai volontiers mon beau-frère.

PIERRE

La petite demoiselle est assez jolie; mais elle est élevée un peu trop noblement.

BRÈME

Pas noblement, mais comme il faut. Elle saura se maintenir dans telle condition que ce soit; mais cela demande un pins long entretien. Pour l'instant, adieu, mes amis, adieu.-

TOUS

Allons, adieu.

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