‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 307 sur 390 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

U COMTESSE

Cela n'aura pas de suite, pourvu que Ton se comporte rai* sonnablcmenl avec ces gens-là, et qu'on leur présente leur véritable avantage.

fbéd£riqub.

Des troubles? qui se mêle d'exciter des troubles?

LE BARON

Ce sont des paysans mécontents, opprimés par leurs sd* gneurs, et qui trouvent aisément un chef.

FRÉDÉRIQUE

n &Ut leur tirer dessus. (Elle fait quelques mouTements avec son

fusil.) Voyez- vous, chère maman, comme le magister m'a gâté mon fusil. J^avais pourtant envie de le prendre avec moi; et comme vous me Taviez défendu, j'étais résolue à le coufier aux soins du garde-chasse. Alors T homme giis vint me supplier de^le lui laisser : il était si léger, disait-il, si commode, il voulait si bien Tenlretenir, et aller si souvent à la chasse.! Hoiy je lui sais bon gré de son intention d'aller souvent à la chasse; et maintenant, vous voyez, je le trouve derrière le poêle, dans la chambre des domestiques. Gomme il est arrangé ! on ne pourra plus jamais le nettoyer.

LE BARON

C'est que depuis quelque temps il était très-occupé; il tra* vaille aussi à l'égalité générale; et comme il envisage probablement les lièvres comme ses égaux, il craint de leur faire du mal.

LA COMTESSE

Habillez-vous, enfants, pour ne pas nous faire attendre; nous diuerons aussitôt que le conseiller sera arrivé.

Elle sort. FRéoÉRIQUE, examinant son fusil.

J*ai déjà souvent maudit la révolution française; mais à présent je la maudis doublement. Qui est-ce qui me réparera ^ dommage? mon fusil rouillé!

LES RËTOLTÉS.

Page 1