‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 31 sur 390 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

IPHIGÉNIE, seule.

Les paroles de cet homme ont tout à coup bouleversé mon cœur, au moment où il devrait être calme. Je tremble. .. Car, de même que le flot dont les vagues s'enflent rapidement va laver les rochers semés sur le sable, ainsi un torrent de joie inondait toute mon âme. Je tenais l'impossible dans me^ bras. Il me semblait qu'un doux nuage venait encore m'entourer, m'enlevait de terre, et ' me berçait assoupie comme à l'instant où la bonne déesse me saisit de son bras libérateur. — Mon cœur s'attachait avec une force singulière â mon frère; je n'écoutais que les conseils de son ami; mon âme n'aspirait qu'à les sauver; et, comme le pilote qui tourne le dos aux écueils d'une île déserte, je laissais derrière moi la Tauride. Maintenant la voix de cet homme fidèle m'a réveillée etm'a rappelé que j'abandonne aussi des hommes en ce lieu. L'imposture me devient doublement odieuse. Calme-toi, ô

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