ACTE IT
BRÈME
Tranqmllîsest-voiis. N'avez-vous pas vu aujourd'hui comme les nobles étaient mal à leur aise? N*avez-vous pas entendu tout ce que nous avon^ dit en présence de la comtesse?
MARTIIf.
Oui; maiâ ce n'était que pour plaisanter.
ALBERT
C'était assez dur pour une plaisanterie^
BRÈME
Avez-vous entendu comme je sais défendre votre cause? S'il le fallait pour tout de bon, je me présenterais ainsi devant Tempereur. Et que dites-vous du roagister? Ne s'est-il pas trèsbien montré aussi?
Oui; mais ils vous Font joliment rendu. Je croyais qu'on en viendrait aux coups; et notre gracieuse comtesse 1 c'était comme si feu Son Excellence eût été là en personne.
BRÈME
Laissez-moi là ces titres, il leur faudra bientôt sien passer. Voyez, j'ai déjà fîni les lettres que j'enverrai dans les villages voisins. U faut qu'ils se révollent et qu'ils appellent à eux leurs voisins, aussitôt que nous aurons commencé.
MARTIN
Gela peut faire quelque chose.
BRÈME
Je le crois bien! et alors on crie : honneur à qui de droit! c'est-à-dire à vous, mes chers enfants. Vous serez regardés comme les libérateurs du pays.
MARTIN
C'est vous, monsieur Brème, qui remporterez les plus grands éloges.
BRÈME
Non, non, cela n'est pas juste; il faut que tous soient
égaux.
MARTIN
C'est pourtant vous qui avez commencé.
46ë LES RÉVOLTÉS.
BBftME.
Donnez-moi tos mains, braves gens ! Ainsi se réunirent les trois grands hommes libérateurs de la Suisse, Guillaume Tell, Walter Stauhbach et Fûrst, d'Uri. Ainsi, dis-je, ils se réunirent sur le Grûlli, et là jurèrent aux tyrans une haine éte^ nelle, à leurs compatriotes une éternelle liberté. Combien de fois n'a-t-on pas représenté en portraits et en gravures ces fameux héros! Le même honneur nous attend. C'est dans cette même position que nous passerons à la postérité.