‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 312 sur 390 · MART · texte numérisé non relu

MART

Je suis surpris de la vivacité avec laquelle vous vous figurez tout cela.

ALBERT

Je crains bien qu'avec tout cela nous n'allions faire la grimace en charrette. Écoutez ! quelqu'un sonne. Le cœur me tremble dans le corps au moindre bruit.

BRÈME

Fi donc! Je vais voir; ce sera le magister, je lui ai dit de venir. La comtesse lui a donné son congé ; elle Ta gravement offensé : bous lentraînerons facilement dans notre parti. Ayant un ecclésiastique parmi nous, c'est une garantie de plus pour notre entreprise.

MARTIN

Un ecclésiastique et un savant !

BRÈME

Pour ce qui est du savoir, je ne lui cède en rien ; et en politique, particulièrement, il a beaucoup moins de lecture que moi. J'avais déjà parcouru dans ma jeunesse toutes les chroniques que j'ai héritées de mon grand-père défunt, et je sais par cœur le Théâtre européen. Celui qui possède à fondée qui s'est fait sait en même temps ce qui se fait et ce qui se fera. C'est toujours la môme chose : rien de nouveau dans le monde. Le magister entre. Attendez ; faisons-lui une réception solennelle. Il faut tâcher de lui inspirer du respect : nous figurons les représentants, et, en quelque sorte, le noyau de toute la nation. Asseyez- vous.

n place trois chaises d'ua côté du théâtre et une de Tautre côié; les àe^i

maires s'asseyent, et lorsque le magister entre, Brème s'assied vite aa milieu d'eux, et prend un air grave.

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