‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 314 sur 390 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

BRÈME

Us n'onl plus qu'un pas à faire; il ne s'agit que de franchir le seuil du cachot dont la porte leur est ouverte.

LE HAGISTER.

Comment?

BRÈME

Le moment est proche; les communes sont rassemblées: dans une heure elles sont ici. Nous surprendrons le cliâ eau, nous obligerons la comtesse à signer le recès el à jurer que, dorénavant, tous les impôts qui nous accabieiU seront abolis.

LE MAGISTER

Je tombe de mon haut !

BRÈME

Il me reste un scrupule à l'égard du serment. Les nobles n'ont plus de foi : elle jurera, et puis se fera dégager de son serment*, on lui prouvera qu'un serment forcé n'eat pus valable.

LE MAGISTER

Je vais vous donner un conseil. Ces gens qui se placent au-dessus de tout, qui traitent leurs égaux comme des brutes, sans amour, sans pitié, sans conscience, coulent des jours seieins tant qu'ils ont affaire à des hommes doiil ils ignorent le prix, tant qu'ils parlent d un dieu qu'ils ne reconnaissent pas; mais celte race insolente ne saurait avec cela se défendre d'une terreur secrète ni se dissimuler le rapport qui unit toujours la parole à 1 elfet, l'action à ses conséquences. Faiteslui prêter un serment solennel.

MARTIM.

Oui, à l'église.

Mon, en plein air.

LE MAGISTER

Ce n'est rien que cela; de pareilles solennités n'agissent <iwe sur rimagination'; je vous indiquerai un autre moyen. Entourez-la, faites-lui postT la main, en votre présence, sur la lêle de son fils, et qu'eHe prenne à témoiu cette tète ehérie, en appelant sur elle tout le mal dont peut être accalilée une n. 40

BREME

créature humaine, au cas qu'elle Tiolât sa promesse sous quel<iue prétexte que ce fût, ou qu'elle permit qu'on l'éladât.

BRÈME

Quelle bonne idée !

Màxm.

Quelle horreur I

Croyez-moi, elle sera liée pour toujours.

BRÈME

Vous Tiendrez ensuite, et vous parlerez à sa conscience.

LE MAGISTER

Je prendrai part à tout ce que tous voulez faire; mais^ dites-moi, de quel œil verra- t-on cela dans la capitale? S'ils vous envoient des dragons^ vous êtes tous perdus.

MARTIN

Monsieur Brème pare à tous ces inconvénients-là.

ALBERT

Oui, c'est une tête étonnante.

LE MAGISTER

Hettez-moi au fait.

BRÈME

Oui, oui, voilà ce qu'on ne s'attendait guère à trouver dans Hermann Brème second. Il a des relations, des connaissances, où Ton croit qu'il n'a que des pratiques. En attendant, ce qu'il peut vous dire, et tous ces gens-ci le savent, c'est que le prince lui-même désire une révolution.

LE MAGISTER

Le prince?

BREME

Il a les sentinients d'un Frédéric et d'un Joseph, deu monarques qui mériteraient d'être adorés par tous les vraii démocrates comme leurs saints. Il est courroucé devoir queles bourgeois et les paysans gémissent sous la pression de la noblesse;, et malheureusement, lui-même il n'y peut rien, parce qu'il est entouré d'aristocrates. Hais, quand nous nous serons montrés, il se mettra à notre tête, et ses troupes passeront à

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