‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 33 sur 390 · SCÈNE V IPHIGÉNIE, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE V IPHIGÉNIE, seule

n faut lui obéir; car je vois les miens dans un pressant

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danger. Cependant, hélas! mon propre destin me rend ci< plus en plus inquiète. La douce espérance que j'ai nourrie dans cette solitude, dois-je la laisser ici? Cette malédiction doit-elle durer éternellement? Ma race ne doit-elle jamais se relever avec une prospérité nouvelle? — Tout finit cepezidanl! Le bonheur le plus parfait, la plus belle fortune, se lasse à la fin. Pourquoi n*en serait-il pas ainsi de la malédiction? C'était donc vainement que j*espérais, préservée ici de la cruelle destinée de ma maison, pouvoir un jour, la main et le cœur sans tache, aller purifier le palais souillé de mes pères.

— A peine mon frère est-il guéri dans mes bras subitement et comme par miracle des fureurs qui l'agitaient, à peine un vaisseau longtemps imploré s*approche-t-il pour me conduire au port de la patrie, que la sourde Nécessité m'impose de sa main de bronze un double crime; elle m'oblige à dérober la sainte et respectable image de la déesse, image confiée à mes soins; elle veut que je trompe un homme à qui je dois ma vie et mon sort. Ah ! que mon cœur se garde de se révolter a la fin contre les dieux ! Maîtres de l'Olympe, faites que la profonde haine qui animait contre vous les Titans, ces anciens dieux, ne saisisse pas avec ses griffes de vautour une faible créature ! Sauvez-moi, et sauvez votre image dans mon âme!

— Un vieux chant retentit à mes oreilles... Je l'avais oublié et je m'en réjouissais... C'est le chant des Parques, celui qu'elles entonnèrent en frissonnant, lorsque Tantale tomba de son siège d'or. Elles compatirent aux maux de ce noble ami; leur cœur était furieux, leur hymne terrible. Dans notre jeunesse, la nourrice nous rapprenait à mes frères et â moi, et je l'ai gravé dans mon souvenir.

« Crains les Dieux, — race mortelle, — ils tiennent la puissance — dans leurs mains éternelles : — et ils peuvent l'employer — comme il leur plaît.

« Que celui-là les craigne doublement — qu'ils élèvent à eux. — Sur les nuages et les rochers — sont préparés les sièges — et les tables d'or.

« Une dispute s'élève, — les convives s'abîment, — honnis et conspués — dans les profondeurs de la nuit — et ré-

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