‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 337 sur 390 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

mande un service plus important. Conserver les cœurs au roonapque est le premier devoir de tous les gens de bien. Lorsque le prince chancelle, l'État chancelle aussi, et, lorsqu'il tombe, tout périt avec lui. La jeunesse, dit-on, se confie trop en ses forces et en sa volonté; mais tout ce que peuvent cette force et cette volonté t'appartient à jamais.

LE DUC

Prince magnanime, tu sais apprécier la confiance d'un enfant et lui pardonner. Si son père, homme d'expérience, sent et juge bien tout le prix des faveurs de ce jour et des espérances qu'il contient, tu peux être certain de la plénitude de sa reconnaissance.

LE ROI

Nous nous reverrons bientôt à cette fête qui réunit mes fidèles sujets pour célébrer l'heure qui me donna naissance. Dans ce jour, noble enfant, je te rendrai au monde, à la cour, à ton père, à toi-même. Que ton sort brille près du trône, ^^pendant, jusque-là, j'exige votre silence à tous deux; que personne n'apprenne ce qui s'est passé entre nous. L'envie est toujours éveillée; bientôt les flots s'élèvent et la tempête augmente, et le vaisseau est poussé contre des bords escarpés dont le pilote lui-même ne peut le sauver. Le secret seul ^i^ure nos desseins; un projet divulgué ne nous appartient plus, et le hasard se joue déjà de notre volonlé. Celui-là même qui peut commander doit surprendre. Oui, avec la meilleure volonté nous faisons bien peu, parce que mille volontés croisent la nôtre. Oh ! si pour accomplir mes vœux, une force entière m'était donnée pour peu de temps seulemen, tout, jusqu'au dernier foyer de mon royaume, se ressentirait des soins attentif d'un père; des heureux habiteraient sous le toit le plus humble, et les palais aussi seraient peuplés d'heureux. Après avoir un instant joui de leur bonheur, je renoncerais volontiers au trône et à la terre.

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