‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 349 sur 390 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

la vie que tu in*as donnée. » (Elle regarde «yec satisfaction ce qu'elle

Tient d'écrire.) Cœur ému, tu n*a8 pas tardé à t'épancher en paroles cadencées. Qu*on est heureux de graver ainsi pour iëtemité les sentiments de son cœur! Hais cela suffit-il? Mon sein bat toujours avec plus de violence. Tu t'approches, grand jour que le roi nous donne et qui, en me donnant à mon roi, à mon père, à moi-même, me remplira d*une volupté infinie. Que mes chants embellissent cette fête. Ma fantaisie ailée me transporte dans l'avenir, elle me transporte devant le trône, elle me fait avancer dans le cercle...

LA HAÎTBESSE DE LA COUR, du dehors.

Eugénie t

Qu'est cela?

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Écoute-moiy et ouvre à l'instant.

EUGÉNIE

Pourquoi me déranges-tu? Je ne puis pas ouvrir.

LA MAITRESSE DE LA COUR

C'est un message de ton père.

EUGÉNIE

Comment! de mon père! Tout de suite!

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Je crois qu'il t'envoie des présents considérables.

EUGÉNIE

Attends.

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

M'entends-tu bien?

EUGÉNIE

Attends. Mais où cacher cette feuille? Elle exprime trop clairement l'espoir qui m'anime. Il n'y a pas un meuble qu'on puisse fermer, et rien n'est sûr ici, pas même ce que je porte sur moi ; mes gens ne sont pas tous fidèles. On m'a déjà lu et dérobé plusieurs choses pendant que je dormais. Où cacher le plus grand secret que je doive posséder jamais? (Elle s*approche ^Q mur.) Bienl c'est ici, c'est dans cette muraille que je cachai les secrets innocents de mon premier âge. Toi qui découvris

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l'inqnièle et curieuse activité, fruit de Fétourderie et dulmsir de nton enfance, loi qui est inconnue à tout le monde, ouvre*

toi. (Elle pousse un ressort caché qui fait ouvrir une petite porte.)

Comme je te confiais autrefois des sucreries défendues, pour les goûter à la dérobée, de même aujourd'hui je confie à ti discrétion, et pour peu de temps, tout le boalieur de ma vie.

(Elle pose la feaille dans l'armoire qu'elle referme.) Les jOUrs se SUC*

cèdent et amènent des pressentiments, tantôt de joie el tantôt de douleur.

Elle ouvre la porte.

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