‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 60 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ce qu'elle me prend au mot et me laisse partir, — Halheuteox ! et le sort de ton pays ne te touche pas ! ce tumulte croissant te trouve indifférent ! I^e compatriote et TEspagnol, l'oppresseur et Topprimé sont tout un pour toi !... A Técole, j'étais pourtant tout autre ! Quand on me donnait une composition à faire : « discours de Bnitus pour la liberté, exërôce d éloquence, » Fritz était toujours le premier ; et le régent disait : « Ce serait bien s'il y avait plus de méthode, et ^ tout ne fût pas jeté pêle-mêle. » C'est alors que je me sentais bouilUr ! — Maintenant, je rampe lâchement devant Qne jeune fille... Je ne peux donc pas m'en détacher ! elle îie peut donc pas m'aimer ! Ah!... non.... elle... elle ne peut P^in'aYwr tout à fait repoussé. . . pas tout à fait... un peu, ce "est rien! non, je ne puis l'endurer plus longtemps! — ft'^^-ce vrai , ce qu un ami me disait dernièrement à Toreille, que, vers la nuit tombante, elle reçoit un homme en ^cret, après m'avoir modestement congédié avant le soir, comme elle fait toujours ?... Non, c'est un mensonge, un in- ^ mensonge ! une calomnie ! Claerchen est aussi inno- ^Qte que je suis malheureux. Elle m'a repoussé, elle m'a wnni de son cœur. . . Et je dois continuer de vivre ainsi ? ^% non, je ne puis l'endurer ! — Déjà mon pays est agité ^ querelles intestines, le tumulte est autour de moi, et je IJi'éteins dans l'inaction! C'est trop souffrir... Hais, lorsque } entends le son de la trompette ou la décharge d'une arme à '<^, cela me traverse les os, sans que j'y trouve le moindre «harme, sans que l'envie me vienne de prendre aussi les ^es, de défendre ma patrie, de m'élancer! Misérable, fu- ^te état ! . . . Mieux vaut finir d'un seul coup. — Il y a quel- 9^ jours, je me suis jeté à l'eau : j'enfonçais déjà, mais la pdtare aux abois fut plus forte que ma volonté; je sentis que J^pouvais nager, et me sauvai malgré moi. — Si je pouvais ^lier les temns oh elle m'aimait... où elle semblait m'ai- J'^r!.,. Pourquoi donc m'a-t-il pénétré jusqu'à la moelle, ce ^heur ? pourquoi ces espérances ont-elles absorbé tout mon goût pour la vie, en me montrant de loin un paradis ? — Et

^ premier baiser ! cet unique baiser I — C'est ici (metunt h n. 8

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main sur la table), ici même... nous étions seuls... Elle avait toujours été bonne et aimable pour moi; alors die parut s'attendrir... elle jeta sur moi un regard ! j'en fus enivré, et je sentis ses lèvres sur les miennes... et... et maintenant?... Heurs, malheureux ! qu'attends-lu ? (u sort de sa poche une fiole.) Je ne veux pas t'avoir tiré pour -rien de l'armoire de mon frère, poison sauveur ! — Ces angoisses, ce vertige, cette sueur morlelle, tu m'en affranchiras d'un seul irait !

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