‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 59 sur 390 · U MÈRE · texte numérisé non relu

U MÈRE

On doit lui faire bon accueil, c'est vrai. Il est toujours si amical, si franc, si ouTcrtl

CLAIBE.^

D n'y a pas en lui une seule veine de fausseté. Voyez, ma mère, c'est pourtant le grand Egmont ! et quand il vient à iiH>i, quelle tendresse, quelle bonté ! Comme il s'empresse auprès de moi! Ce n'est plus qu'un homme, un ami, un amaat!

LA MÈRE

^iendra-t-il aujourd'hui?

CLàlRE.

Nem'arez-vous pas vue plus d'une fois aller à la fenêtre? o'are^rous pas remarqué comme j'écoute chaque bruit qui se hh â la porte? — Je sais bien qu'il ne vient jamais avant la nuit; mais, dès que je suis levée, je l'attends, je l'attends à tous les moments du jour. Si j*élais homme, et que je pusse l'accompagner à la cour et partout ! Si je pouvais le suivre au ^ïnbat et porter son drapeau !

LA MÈRE

Oui, tu as toujours été une évaporée. Déjà toute petite, ^^tôt folle, tantôt réfléchie 1... — Ne fais-tu pas un bout de

toilette?

CLAIRE

Peut-être, ma mère, si je m'ennuie. — Hier, je m'en sou- ^ens, il passa des gens de sa suite qui chantaient des chan- ^ à sa louange. .. au moins son nom était dans leurs chan- ^^; je ne pus distinguer le reste des paroles. Le cœur ^^ battait à en être suffoquée!... je les aurais appelés, si* j'avais osé...

LA UÈRE.

Prends garde à toi! ta vivacité gâte tout : iu te trahis ouvertement devant le monde. L'autre jour encore, chez notre <^Qsin, quand tu as trouvé sur la table, cette gravure sur bois fvecuae légende, et que tu as crié : « Le comte d'Egmont ! » )e devins rougè conune le feu.

CLAIRE

Le moyen de me taire! C'était la batailledeGravelines: je trouve en haut de la feuille la lettre G ; je cherche en bas la légende qui s'y rapporte, il y avait ceci : c Le comte d'Egmont ayant son cheval tué sous lui. » J'en fus toute saisie... Ensuite je ne pus m'empêcher de rire de cet Egmont gravé sur bois, à lui seul il était aussi grand que la tour de Gravelinesetles vaisseaux anglais tout ensemble. — Quand je me rappelle ies idées que je me formais d'une bataille; et la manière dont, étant petite, je me représentais le comte d' Egmont, toutes ies fois que j'entendais parler de lui et de tous les autres comtes et princes du monde, et quand je les compare à celles d'à présent...

Entre Brackeobotirg.

CLàlRE.

Eh bien! qu'y a-t-il?

BRACKENBOURG.

On ne sait rien de positif. Il doit être survenu denou^w désordres en Flandre ; et la gouvernante doit prendre ses mesures pour qu'ils ne se propagent pas ici. Le château a reçu une forte garnison : les bourgeois sont aux portes en grand nombre; le peuple s'amasse dans les rues. —Je ^^^^ vite rejoindre mon vieux père.

n 86 dispose i sortir* CLAIRE.

Vous verra-t-on demain? Je vais m'habiller un peu: ^ cousin doit venir, et je suis par trop négligée ! Donnez-n^o un coup de main, ma mère. — Emportez ce livre, Brac»eû- ) ourg, et rapportez-moi une histoire du même geure.

LA. MÈRE

Adieu !

BBAGEENBODRG, tendant la main.

Votre main!

GLAIRE, refusant la sienne.

Quand vous reviendrez.

La mère et la fille sortent ensemble.

BRACKENBOURG, seul. . J^

J'étais décidé à sortir tout de suite, et me voici funcux

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