‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 64 sur 390 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

infraction de leurs privilèges, ils se mettaient sur leurs gardes. Les états étaient aussitôt en arrêt; car il n'y avait si petite prorince qui n'eût ses états, ses assemblées.

LE GHARPEKTIER.

Eb! taisez-vous ; il y a longtemps qu'on sait tout cela. De la constitution du pays, chaque honnête bourgeois en connaît oeiju'illuienfaut.

JETTER

Laissez-ïe parler : on apprend toujours quelque chose de noaveau.

SŒST.

Il a parÊutement raison.

PLDSIEUBS VOIX.

P^Iez! parlez ! On n'entend pas de ces choses-là tous les

jours.

VANSEN.

Toiià comme vous êtes, vous autres bourgeois, vous vivez an jour le jour; et quand vous avez hérité du fonds de vos pères, TOUS laissez le gouvernement vous mener et vous mo- Ifôter comme il lui plaît; vous ne demandez pas d'où vient, ce qu a fait et ce qu'a le droit de faire celui qui vous gouTeme. C'est cette insouciance qui est cause que les Espagnols vous ont mis la corde au cou.

SŒST.

Qui est-ce qui va songer à tout cela, pourvu qu'on ait son pain quotidien?

JETTER

Que diable ! aussi pourquoi personne ne vient-il nous le dire quand il en est temps?

VAIfSEN.

Hoi, je vous le dis à présent. Le roi d'Espagne, qui se trouve par hasard posséder toutes les provinces à la fois, ne devrait pas les gouverner autrement que ne faisaient jadis les petits princes qui les possédaient chacune à part. Comprenezvous?

JETTER

Expliquez-vous.

90 EGHONT.

TANSEN.

C'est clair comme le jour. Ne devez-vous pas être jugés selon les lois du pajs? Et mainteuant, comment cela se pomrait-il?

UN BOURGEOIS

Sans doute.

VANSEN.

L'habitant de Bruxelles n'a-t-il pas d'autres lois que celui d'Anvers, celui d'Auvers, d'autres que celui de Gand? Et maintenant comment cela se pourrait-il?

un AUTRE BOURGEOIS.

C'est vrai !

VANSEN.

Mais si vous laissez ainsi tout aller à la débandade, on vous en fera voir bien d'autres! Fi! ce que n'ont pu ni Charles le Hardi, ni Frédéric le firave, ni Charles-Quint luimême, Philippe le fait aujourd'hui par les maius d'une femme.

SŒST.

Oui... les anciens princes l'ont essayé aussi?

VANSEN.

Eh ! certainement. — Mais nos pères y regardaient. Quand ils n'étaient pas contents d'un prince, ils allaient lui prendre son fils et son héritier, le gardaient chez eux étroitement, et ne le relâchaient que sous de bonnes garanties. Nos pères ! c'étaient des gens qui savaient ce qui leur était aTantageux, qui savaient mener leurs affaires et les tenir en bon ordre! Quels hommes! Voilà aussi d'où vient que nos privilèges sont li clairs, nos libertés si positives.

LE FABRICANT DE SAVON

Que parlez-vous de libertés?

LE PEUPLE

De nos libertés, de nos pnvilégesl Parlez encore un peu de nos privilèges.

VANSEN.

Nous autres Brabançons particulièrement, quoique toute)

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