‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 8 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

a rencontré une mort certaine. Toi seule, par une douceur àoDtjeme réjouissais au fond de Tâme, et où je croyais voir tantôt l'amour d'une tendre fille, tantôt le secret attacliement d'une iSancée, toi seule m*as enchaîné comme par des liens magiques, et m'as fait oublier mon devoir. Tu avais bercé mes sens et je n'entendais plus les murmures de mon peuple. Aujourd'hui, il me reproche tout haut d'avoir attiré la mort prématurée de mon fils, et je ne veux pas irriter plus longtemps en faveur de toi la foule qui réclame à grands cris le sacrifice,

IPHIGÉNIE

le a'ai jamais demandé ce changement en faveur de moi. Celui-là comprend mal les dieux qui les croit avides de sang. 11 leur attribue sa propre cruauté. La déesse ne m'a-t-elle pas ^n^ché elle-même au prêtre? Mon dévouement à son culte lui fat plus agréable que ma mort.

THOAS

U ne nous convient pas d'expliquer et de plier ce saint usage au gré de nos idées et de notre mobile raison. Fais ton devoir, je ferai le mien. Deux étrangers que nous avons trouvés cachés dans les rochers du rivage, et qui n'apportent ici rien d'heureux, sont entre mes mains. Que ta déesse en recevant leur sang retrouve un juste et ancien sacrifice trop longtemps suspendu ! Je vais les envoyer ici : tu sais quel est ton ministère.

Page 1