CHAPITRE VI
On ne refusera pas, je pense, d'admettre que le chef de VÉtat peut aller parfois au théâtre. Aussi je ne m'explique guère les reproches que l'on adresse depuis quelques années aux architectes qui devant remplir un programme, ménagent les dispositions inhérentes au service spécial de ce chef d'État. Il y a en cela un manque de logique évident, et un parti pris regrettable. Quel que soit celui qui vous gouverne, empereur, roi, président, ou mandataire, il est bien naturel que la haute position qu'il occupe, soit par le fait des événements, soit par la volonté populaire, l'astreigne à de certaines convenances qui tiennent le milieu entre une étiquette obligée et un bien-être naturel. Il faut bien admettre que si tout souverain a des charges et des devoirs à remplir, il doit jouir aussi de certains privilèges, et que, s'il doit prendre
quelques distractions, il doit le faire de façon à sauvegarder la dignité du représentant d'un peuple. Si les convenances sociales amènent un avocat ou un médecin à ne pas revêtir la blouse de l'ouvrier, s'il est interdit au général d'aller à la taverne où se désaltère le simple soldat, si un archevêque ne peut décemment se tenir dans la stalle du donneur d'eau bénite, on peut bien reconnaître que si ceux qui représentent le tiers état, la milice, ou le clergé, ont des convenances à garder, celui qui représente tout le monde, fonctionnaires ou artisans, puisse être assujetti à plusieurs usages pratiques, instinctifs ou raisonnes, qui lui défendent de se mêler indistinctement avec tous. Les principes d'égalité vivent en somme d'exception, et certes celle-là est une des plus légitimes et je dirai même une des plus indispensables. Je n'aime pas le monarque qui fait de la popularité et traîne son parapluie au milieu des foules; ce n'est pas pour cela qu'il est chef. Ce n'est pas pour vulgariser sa personne que je le supporte ou que je l'acclame. Je lui demande une mission plus haute, plus noble et plus fière ; celle de nous représenter dignement. Que le souverain reste souverain, c'est-à-dire gardien de nos lois, c'est sa mission, sa consigne, si l'on veut, mais, qu'à moins de cas exceptionnels il ne compromette pas une dignité qui ne lui appartient pas, maie qui appartient à tous, par une promiscuité malséante et inutile. Ceci s'adresse à tous les chefs quelles que soient leur naissance et leur origine. Ce n'est pas de l'homme que je parle, mais bien de la fonction seule; l'homme n'est qu'un nom plus ou moins illustre, un moyen choisi par une société; la fonction est tout, et elle doit com-
mander le respect de chacun. Si le monarque change ou disparaît, la grande institution reste, c'est-à-dire un peuple confiant à un seul le devoir de représenter les aspirations et les volontés de tous.
Aussi toutes ces chicanes semi-politiqués qui peuvent surgir, toutes ces attaques irréfléchies qui peuvent se manifester à ce sujet, sont chicanes et attaques déplorables. On rabaisse non pas celui pour lequel on dispose une partie d'un monument spécial, et dont il ne sera en somme qu'un locataire passager, mais bien le principe immuable de la souveraineté, que celui-ci vienne du droit divin, du droit de conquête, ou du droit des peuples. C'est une manière mesquine de voir, c'est un manque de logique et de sens ; c'est une insulte à celui que peut-être l'on déteste, mais insulte qui viendra un jour ou l'autre s'attaquer à celui que l'on désire. Les questions politiques adaptées aux questions artistiques sont toujours injustes et malvenues. L'art est plus grand encore que cette politique qui toujours se traîne et se traînera péniblement, avançant ou reculant, selon les instincts et selon les sentiments de l'instabilité humaine. Depuis Adam, les grenouilles demandent toujours un roi et vont des grues aux soliveaux, des faibles aux forts, mangeant un jour, mangées le lendemain, et toujours implorant Jupiter qui ne leur envoie que de vieilles idoles, brisées ou adorées tour à tour.
Si l'on voulait seulement réfléchir un instant, on s'apercevrait bien vite que les attaques inconsidérées devraient être épargnées à l'artiste qui remplit son programme et qui doit avant tout faire honneur au devoir de sa profession; ce devoir professionnel doit passer avant tous les autres devoirs ; c'est la condi-
tion indispensable de la vie sociale : le médecin qui soigne le malade ne lui demande pas quelles sont ses croyances ; le boulanger, quelles que soient ses opinions, doit vendre son pain à ses antagonistes comme à ses partisans. La profession n'est autre chose qu'un contrat passé avec le public et qu'il n'est pas au pouvoir des contractants de briser tant que les termes en sont conservés. Je puis bien, moi artiste, refuser de faire un travail; mais si j'accepte la demande démon client, si je suis le sentiment qui me dit que j'ai le droit de vivre et le devoir de produire, je dois alors faire mon travail dans les conditions qui conviennent à celui qui m'en charge, si toutefois il n'y a dans ces conditions rien qui s'oppose à mon honneur d'artiste. Eh! bon Dieu! où irait-on s'il fallait s'occuper des opinions de ceux qui produisent et appeler courtisan ou flatteur celui qui travaille pour l'État ou pour un grand seigneur, et ambitieux celui qui travaille pour un peuple tout entier. Est-ce que, malgré son labeur défini, l'artiste ne peut pas être indépendant? ne peutil pas l'être tout autant que l'ouvrier qui travaille sous ses ordres et pour le même objet? Il faudrait donc empêcher le maçon protestant de travailler à la construction d'une église, il faudrait donc que les acteurs ne jouassent que les rôles qui seraient l'expression de leur sentiment, et que l'architecte ait passé par le bagne pour avoir le droit de construire une prison! Est-ce que l'on songe à mettre les œuvres des grands artistes passés en antagonisme avec leurs croyances? Est-ce qu'on attaque Raphaël, Michel- Ange, ou Phidias, parce qu'ils ont travaillé pour Léon X, Médicis et Périclès ? Tout cela est puéril et misérable, et bien fait pour affaiblir les critiques sérieuses et
loyales qui doivent s'adresser seulement à l'œuvre produite, en dehors de toute autre considération.
Je me suis un peu éloigné de mon sujet; mais je me suis si souvent indigné contre la mauvaise foi et le parti pris, que j'ai laissé ma plume dire un peu ce que j'avais dans le cœur. Cette petite explosion calmée, revenons à notre sujet.
De prime abord, j'admets, en thèse générale, que la loge du souverain doit être placée à l'une des avant scènes. Je dirai plus tard, en m'occupant de cette partie à propos de la salle elle-même, quelles sont les raisons qui militent en faveur de cet emplacement. Pour l'instant et devant supposer que le théâtre théorique dont il s'agit doit s'élever en France, et de nos jours, je dirai seulement que l'usage d'établir ainsi la loge du souverain, est depuis longtemps déjà dans les mœurs, et que c'est à gauche de la scène que cette installation doit avoir lieu. L'architecte qui, autant que cela lui est possible, doit pousser à des réformes utiles, doit néanmoins adopter en principe les usages reçus, quand ceux-ci dérivent non-seulement de convenances artistiques et pratiques comme nous le verrons plus loin, mais aussi de convenances personnelles, qui servent de point de départ à un programme donné. J'admets donc pour l'instant que la loge du souverain occupera le côté gauche du théâtre et sera placée aux avant-scènes.
Ceci posé, il est alors tout naturel que les services affectés à cette loge soient disposés du même côté, ce qui alors amène à placer les services du public du côté opposé; si la loge du souverain est à gauche, le service d'entrée des voitures devra être nécessairement à droite, et cette place ainsi désignée
complétera tout ce que j'ai dit déjà sur la disposition générale des parties publiques du théâtre.
Il est bien convenu que ce grand service du chef de l'État devra toujours exister, qu'il serve à un empereur, à un roi, ou à un prince ou délégué quelconque. Mais comme les gouvernements sont changeants, que suivant la qualité du gouvernant, quelques parties du service peuvent se modifier, on ne peut à l'avance prévoir 4outes ces modifications qui ne seront utiles que lorsqu'elles devront être appliquées, et dès lors dans le doute, pour fixer les idées, et agir avec méthode, il faut supposer la continuité du régime existant lors de l'édification de l'édifice, et agencer tous les services dans cette hypothèse. De nos jours c'est l'empire qui nous gouverne ; ce sont donc les usages de l'empire qui doivent servir de guide dans l'installation supposée définitive de cette partie importante d'un monument théâtral &.
Dans l'état actuel, les dépendances utiles à un tel service sont celles-ci : une entrée ou descente à couvert pour trois voitures (équipages employés dans les représentations de gala), des salles d'attente pour les aides de camp, et pour les valets de pied, un ou plusieurs escaliers conduisant à la loge impériale, un vestibule d'attente ou salle des gardes au niveau de la loge. Cela est spécialement affecté à l'arrivée au théâtre et à l'entrée, ou à la sortie. Il y a encore diverses parties complémentaires qui doivent servir pendant la représentation; ce sont : un grand salon de réception pour les jours de cérémonies spéciales, avec pièces d'introduction, puis un cabinet ou fumoir pour
1. Ce chapitre, ainsi que tout le livre, a été composé avant les derniers événements.
l'empereur, un petit salon ou boudoir pour l'impératrice, de petites terrasses ou balcons pour pouvoir prendre l'air, puis enfin toutes les dépendances ordinaires d'un tel agencement; cabinets de toilette, vestiaires, etc., et pour compléter tout cela, des remises pour les voitures de la cour, et des emplacements pour l'escorte qui accompagne parfois le souverain. Voilà, à peu près, la nomenclature d'un service impérial en ce qui touche le théâtre et il ne s'agit que de l'agencer le mieux possible.
Prenons la descente à couvert : c'est à peu près la seule question spéciale qui doive être discutée ; les autres dispositions n'ayant rien de bien particulier, et dérivant des lois générales de toute composition architecturale. Nous avons dit qu'elle devait être placée proche de la loge, c'est-à-dire vers le milieu latéral de l'édifice, et du côté opposé à la descente des voitures du public, soit alors du côté où se développera la file des voitures non retenues d'avance. Gela indique qu'il faut premièrement s'arranger de façon à ce que les voitures impériales puissent pénétrer dans la descente à couvert qui leur est réservée sans passer au milieu de la file des voitures publiques, afin que celles-ci n'entravent pas l'entrée et la sortie du souverain, de même afin que la manœuvre des voitures de la cour n'entrave pas celle des voitures de place.
Or il est évident que si les voitures de la cour arrivaient de la même manière que celles des abonnés, c'est-à-dire en longeant le côté latéral du théâtre, elles rencontreraient ainsi la file des voitures disposées pour la sortie des spectateurs, sinon à l'arrivée au moins au départ. Il faut donc que cette entrée soit disposée différemment, c'est-à-dire qu'elle ait lieu de
face au pavillon affecté au service du chef de l'État ; de telle sorte qu'elle laisse aussi complètement libre l'emplacement de la rue qui s'étendra depuis cette entrée jusqu'au devant du monument, là où se trouvent les portes de sortie des spectateurs qui prennent des voitures de place. Mais on comprend que cette entrée de face ne peut se continuer dans la même direction, c'est-à-dire perpendiculairement à la face latérale de l'édifice, à moins de ménager sous le pavillon spécial un espace très-vaste qui permette aux trois voitures d'évoluer avec facilité et de revenir sur leurs pas, sans que la première qui sort soit obstacle pour la dernière qui entre. Gela est presque impossible, non pas théoriquement, mais au moins pratiquement. D'abord parce que cet espace très-grand, qui serait nécessaire pour l'évolution facile des trois équipages, occuperait dans le bâtiment une fort grande place, qui pourrait se considérer comme terrain perdu, là où pourtant le terrain est précieux; puis parce que si dans l'avenir le nombre des voitures arrivait à être augmenté, et à être porté à cinq ou six, ce qiîi peut arriver dans certains cas exceptionnels, la difficulté d'évolution deviendrait presque impossibilité, et cela en dehors déjà de la difficulté initiale de faire tourner court les équipages pour les faire revenir sur euxmêmes. Tous les moyens que l'on prendrait pour parer à ces inconvénients ne seraient que des palliatifs, qui seraient toujours insuffisants.
Il n'y a pas ces inconvénients à craindre si l'on établit l'entrée des voitures d'un côté du pavillon et la sortie du côté opposé de ce même pavillon. La circulation est alors des plus faciles, il n'y a pas de rencontre possible entre les diverses voitures qui, fussent-
elles en nombre indéterminé, se succèdent à la file sans se couper, ni se heurter de front ; puis ainsi le vestibule de descente à couvert peut n'avoir que la place nécessaire pour les trois voitures réglementaires (dans les cas spéciaux les trois voitures une fois libres continueraient leur route en laissant place pour les autres), et cet espace nécessaire pour trois voitures en queue devra être bien moins considérable que l'espace nécessaire à trois voitures circulant, et évoluant. De là grande économie de terrain affecté à ce . service, important il est vrai, mais qui ne servant pas journellement ne doit pas empiéter sur d'autres services tout aussi importants et plus fréquentés.
Il faut donc entrer par une porte latérale sous celte descente à couvert, et en ressortir par le côté opposé, ce qui revient à dire que pour le pavillon destiné à cet usage, les voitures longeront l'édifice. Ceci bien compris, il ne s'agit plus que de savoir comment on va se rendre de l'entrée extérieure du milieu, aux entrées latérales du pavillon.
Il est évident que si cette entrée du milieu, entrée libre et très-large, est assez éloignée de l'entrée latérale, il sera facile aux voitures en suivant une courbure d'un assez grand rayon, de faire une évolution en demi-cercle, qui les conduira au point désigné. C'est le moyen le plus simple, et c'est au surplus le seul pour aller d'une direction quelconque à une autre direction perpendiculaire , lorsqu'on voudra opérer ce changement de direction, sans secousse et graduellement. Il y aura donc pour le chemin des voitures du chef de l'État : d'abord arrivée à l'entrée extérieure, puis une espèce de courbe en forme d'S qui du premier départ amènera à l'entrée du pavillon,
puis une ligne droite sous la descente à couvert, avec arrêt momentané pour permettre aux occupants de quitter les équipages, puis enfin une seconde courbe symétrique à celle de l'arrivée qui ramènera à l'entrée extérieure. De là les voitures vides iront se remiser dans un endroit ad hoc} pendant la durée du spectacle.
Cette disposition qui découle de ce que nous venons de dire, a le grand avantage de ne troubler en rien la file des voitures du public ; en effet si celles-ci ont leur point de départ assez éloigné du mur de l'édifice et ne se rapprochent de celui-ci qu'à l'instant où ces voitures doivent être à proximité des spectateurs sortants, comme cela se présente au nouvel Opéra par suite de la disposition des abords, il en résultera qu'il y aura ainsi entre cette station de voitures et le monument, un espace libre qui permettra aux voitures de la cour l'évolution circulaire, dont nous venons de parler, et dès lors les deux services sont complètement indépendants, sans se nuire aucunement l'un à l'autre.
Il peut sans nul doute y avoir d'autres dispositions dérivant de la forme et des dimensions du terrain concédé à l'architecte, et même dans des terrains identiques, on peut trouver d'autres combinaisons, et cela est fort heureux, sans cela Fart ne serait plus qu'une science mathématique ; mais dans tous les cas quelles qu'elles soient, elles doivent toujours répondre au programme imposé, et résoudre les questions que nous avons examinées. Je persiste néanmoins à penser que parmi les solutions qui peuvent se présenter, celle qui consiste, ainsi que nous l'avons vu, à^ faire parcourir aux voitures une courbe qui ressemble à peu près à une poignée de malle, est, sinon la meilleure,
SERVICE DU CHEF DE L'ÉTAT. Hl
au moins une des plus logiques et des plus praticables.
Mais cette courbe, pour l'instant, n'existe qu'en plan, au niveau du sol ; il est bon de savoir si elle peut se modifier en élévation, c'est-à-dire si, au lieu de s'effectuer sur une surface horizontale, la course des voitures peut se faire sur un plan incliné; cela ne changerait en rien les aménagements d'ensemble, mais cela donnerait un point d'arrivée plus élevé que le point de départ.
Eh bien, il est clair que moins on aura de marches à monter, et mieux cela vaudra; il est inutile de discuter ce point, et si l'on pouvait aussi pour la partie publique diminuer le nombre des degrés, cela serait à souhaiter. Mais de ce côté il y a des impossibilités qui amènent toujours à une certaine hauteur d'ascension: d'abord, comme nous l'avons vu, la nécessité d'installer la salle d'attente des voitures sous le parterre, ce qui naturellement élève le sol des autres étages; puis les hauteurs nécessaires aux vestibules d'arrivée, puis surtout la difficulté de descendre les profondeurs des dessous plus bas qu'un certain point pratique; tout cela fait que la hauteur des étages du côté des abonnés est à peu près indiquée et nécessaire; mais en supposant même qu'une rampe douce permette aux voitures d'arriver à un niveau plus élevé, quitte à changer les dispositions intérieures, cette rampe douce serait déjà presque impraticable à exécuter dans les conditions ordinaires, et tout «d'abord elle ne pourrait avoir en plan la forme que je viens d'indiquer pour le service impérial. En effet, bien que la forme résultant de la position et de la composition de cette rampe soit commode pour la circulation
passagère de trois voitures, passant une seule fois dans une même soirée, cette forme serait insuffisante et nuisible pour une plus grande circulation, et si Ton peut facilement diriger trois voitures isolées à la montée ou à la descente, cela devient presque impossible à faire sûrement avec un grand nombre d'équipages, et lorsque ceux-ci sont traînés par des chevaux plus ou moins vicieux. Si au lieu de faire celte rampe sur un plan circulaire on voulait la # construire sur un plan rectiligne parallèle aux façades latérales du théâtre, cela faciliterait sans nul doute la circulation des voitures , mais alors les deux rampes d'entrée et de sortie s'étendraient fort en avant et fort en arrière du point central, c'est-à-dire occuperaient tout au moins la longueur totale du monument, et masqueraient ainsi d'un côté les services faciles de la galerie de la queue, et de l'autre tous les services dii rez-de-chaussée de l'administration. Il faut donc repousser cette rampe douce pour le côté de l'arrivée des voitures .publiques. Mais il ne doit pas en être de même pour le service impérial, puisque, ainsi que je viens de le dire, la circulation peut être très-facile, même sur un plan incliné ; et pourvu qu'il reste assez de hauteur entre l'arrivée de la rampe et le plafond de la pièce supérieure placée au-dessus de la descente à couvert, pourvu que les voitures puissent échapper entre ces deux limites, on aura toujours ainsi le bénéfice de gagner quelques marches, indépendamment du caractère de splendeur qu'un tel motif peut donner à l'architecture.
Certes il y a des cas même où cette rampe impériale pourrait s'élever encore plus haut, et arriver à l'étage même de la loge, et le. motif bien étudié pour-
rait présenter là encore un bel aspect et une disposition grandiose; mais pour cela il faudrait alors que le terrain fut très-étendu, et que la naissance de la rampe fut placée au moins à soixante ou quatre-vingts mètres du bâtiment. Cela est possible, je le sais ; c'est affaire d'argent et de terrain ; mais tout cela est bien difficile à espérer dans les conditions ordinaires, et il vaut mieux s'arrêter aux dispositions qui peuvent se réaliser assez facilement plutôt que de chercher dans l'accomplissement du mieux une impossibilité matérielle, qui transformerait le principe en paradoxe. Je suppose donc la rampe arrivant à une certaine hauteur seulement ; mais il va sans dire que cette rampe n'est pas indispensable, que le goût de l'artiste, diverses convenances particulières, divers arrangements, ou dispositions spéciales, peuvent amener à la supprimer, et à faire entrer les voitures de la cour de plain-pied avec le sol de la rue. En tout cas, quel que soit le niveau de l'arrivée des équipages, il faut toujours que cette arrivée ait lieu dans un endroit couvert, assez spacieux et disposé de manière à ce que les personnes qui descendent de voiture, puissent directement et facilement retrouver une salle ou un vestibule servant d'introduction" à l'escalier principal de la loge.
Si 'on suppose que le pavillon impérial a les mêmes dimensions et la disposition similaire à la descente des abonnés, on trouvera facilement dans l'espace nécessaire à cinq voitures ordinaires, l'espace suffisant , pour trois voitures de la cour, et la disposition des deux pavillons sera non pas tout à fait symétrique (la symétrie complète ne pouvant exister que lorsque les services peuvent s'y adapter), mais au moins pondérée