‹ Le théâtre chez-soiChapitre 16 sur 30 · SCÈNE PREMIÈRE LÉANDRE, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE LÉANDRE, seul

Au lever du rideau, il tient entr'ouverte la porte de gauche, par laquelle il est entré et parle à la cantonade.

Oui, mademoiselle et chère future, vous êtes très bien comme cela. Soyez tranquille, je n'ai pas oublié que c'est aujourd'hui votre fête, et je vous la souhaiterai ce soir. En attendant, je vais passer à la poste pour savoir s'il y a une lettre de vous, (ii ferme la porte,

met la clef dans sa poche, et descend en scène en regardant autour de

lui.) Je suis seul... heureusement, car si l'on m'avait vu... ou entendu, comme on rirait de moi. (ii rit.) J'en ris moi-même, car, en vérité, on n'a jamais eu une

idée pareille ! une idée aussi folle ! Elle m'est venue, un soir, chez mon ami, le peintre du quatrième. Il avait un si joli mannequin que je l'ai prié de me le prêter; puis, j'ai fait faire un costume tout semblable à celui que portait ma chère Colombine le jour de son départ, et j'ai babillé mon mannequin avec ce

costume. 11 est là. (Il indique la chambre.) Tantôt, nOUS

souperons ensemble, en tête-à-tête, et il me semble que cette douce illusion me fera supporter plus facilement l'absence de ma future. C'est qu'aussi, il y a dans tout cela comme une fatalité ! A la veille de notre mariage, voilà que sa tante, qui habite la campagne, tombe malade, et ma chère Colombine est obligée de partir pour la soigner. Il y a trois semaines de cela, et le temps me semble bien long! Mais l'beure se passe, et il faut que j'aille donner mes leçons. Allons! du courage ! (Il sort par le foad.)

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