‹ Le théâtre chez-soiChapitre 5 sur 30 · MADAME GRANDIN, JEANNE, MISS SPENCER · texte numérisé non relu

MADAME GRANDIN, JEANNE, MISS SPENCER

MADAME GRANDIN

Vous avez vu?

JEANNE

Oui.

MISS SPENCER

Oui. Shoking !

MADAME GRANDIN

Mais non, pas shoking, c'est la mode nouvelle, et la mode n'est jamais shoking, miss Spencer.

JEANNE

C'est laid.

MADAME GRANDIN

Mais non, ce n'est pas laid! La mode, ce n'est jamais laid.

JEANNE

Alors, VOUS croyez que le vicomte va faire adopter cette bizarre innovation par les baigneurs de Trouville ?

MADAME GRANDIN

Je n'en doute pas un seul instant.

JEANNE

Mais alors, j'y pense : Angèle, ma bonne amie de couvent qui doit aller, ces jours-ci, à Trouville avec sa famille? Son frère est un élégant s'il en fut. Je ferais peut-être bien de la prévenir. Oui, c'est cela,

écrivons-lui. (Elle s'Installe à la table.) Miss SPENCER.

C'était alors un devoir pour moi de prévenir mon neveu qui faisait partie du high-life, à Brighton. (EUe

s'installe de l'autre côté de la table.)

MADAME GRANDIN

C'est cela, écrivez, écrivez.

JEANNE, écrivant.

« Chère et bonne amie, nous venons de recevoir la visite du célèbre vicomte de Copurchic...

MISS SPENCER, écrivant.

<( My dear fellow, we hâve received a visit from viscount de Copurchic...

JEANNE, écrivant.

« Juge de notre étonnemenl... » (Eiie continue à écrire

tout bas.)

MISS SPENCER, écrivant.

« You may guess my astonishment... » (Eiie continue

tout bas.)

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