SCÈNE III Mime seul, puis Siegfried
Il invective le soleil et croit entendre Fafner venir, il se cache derrière l'enclume. Siegfried sort du fourré et
demande son épée. Mime derrière son enclume déclare qu'il étudiait la peur pour rapprendre à Siegfried, car il ne suffit pas de brandir un glaive, il faut encore connaître la peur. Mime lui demande s'il a peur de l'ombre du vent, des bruits, du silence. Siegfried n'a peur de rien, et il regrette d'ignorer ce frisson. Mime le mènera vers un dragon qui lui enseignera l'art de la peur. « Mon glaive est en route, » dit le héros qui se décide à reforger lui-même l'acier paternel.
Il jette des braises dans l'àtre, tisonne,, serre les fragments de l'épée, dans l'étau et tire le soufflet de la forge.
« Détresse, glaive brisé, renais aux baisers de la flamme. » Il chante. Mime projette, quand Siegfried aura tué le dragon, de lui offrir un breuvage empoisonné.
Siegfried verse l'acier en fusion dans le moule qu'il tient en l'air, puis il plonge le moule dans l'eau qui se vaporise et siffle ; il remet l'épée au feu ; tandis que le nain cherche à approcher une casserole, le héros enlève le moule du feu et en tire l'épée qu'il étale sur l'enclume. Il parle à son marteau, en forgeant, comme il s'adressait tout à l'heure au soufflet. Mime a versé le contenu de sa casserole dans une calebasse. L'épée plongée dans l'eau, apparaît prête, tandis que le héros fixe sa lame dans la poignée. Mime trotte par la scène racontant qu'il va devenir tout-puissant par l'anneau. Siegfried affile le tranchant du glaive : « Détresse, glaive fier et fort, rayonne à nouveau, frappe les lâches, et jamais ne
pardonne. » Et, comme essai, il fend d'un seul coup l'enclume en deux. Mime, qui s'était hissé sur un escabeau pour mieux voir, tombe par terre.