‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 125 sur 166 · SCÈNE II Mime et Wotan · texte numérisé non relu

SCÈNE II Mime et Wotan

Wotan est couvert d'un manteau bleu sombre coiffé d'un large chapeau dont le bord cache une partie du visage.

Mime veut l'écarter, mais Wotan s'obstine; il s'assied et s'engage à résoudre trois questions, sinon il livre sa tête. Mime accepte cela pour se débarrasser du visiteur.

« — Que sais-tu de ce qui est dans les entrailles de la terre ?

« — Au royaume de Nibelheim habitent les Alfes ténébreux; Albérichles commandait autrefois par son anneau magique : grâce à son or sans cesse accumulé, le Nibelung espérait régner sur l'univers.

a — Mais de ce qui est sur la surface de la terre ?

« — Riesenheim est le domaine des géants. Fasolt et Fafner conquirent l'anneau et l'or; mais Fafner assassina son frère, et, changé en dragon, il garde son or.

« — Et de ce qui vit au-dessus des rivages ?

« — Valhall est le séjour des Alfes radieux. Wotan le

céleste Albérich, les commande. Sa lance est faite d'un rameau d'Ygdrasil ; sur elle, il a gravé les runes du pacte divin. Le Nibelung et les géants reconnurent son pouvoir. »

Ce disant, il frappe le sol et un roulement de tonnerre épouvante Mime.

A son tour, Wotan interroge.

« — Quelle est cette race que Wotan paraît poursuivre et qu'il aime si fort ? »

« — C'est la race de Welse ; Siegmund et Sieglinde, frère et sœur séparés en bas âge, se connurent un jour, et Siegfried est né. »

« — Le nain rusé qui éleva Siegfried voudrait tourner sa valeur contre Fafner et ainsi s'emparer de l'anneau.

« — Quelle épée convient à la prouesse?

« — Détresse ; au cœur d'un frêne, le dieu Ta plantée ; Siegmund seul l'arracha. La lance de Wotan l'a brisée, un gnome en garde les morceaux.

« — Qui peut reforger Détresse ? »

Mime cette fois ne peut répondre. Alors Wotan se lève : « Qui n'a jamais connu la peur seul peut forger Détresse : quant à ta tête, je l'abandonne à celui même qui ignore la peur. » Cela dit, il disparaît dans l'ombre de la forêt. Mime se laisse tomber sur un escabeau,

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