‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 146 sur 166 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Siegfried, Hagen, Gunther, Chasseurs,

On entend un cor, Siegfried répond.

Hagcn paraît avec Gunther et les chasseurs. On entasse le gibier. On apporte les cornes à boire. « Trois poules d'eau m'ont dit que je mourrais avant ce soir, » dit Siegfried à la grande épouvante de Gunther. Siegfried boit et tend la coupe à Gunther : « Tu mis dans la liqueur ton sang et non le mien, » dit Gunther. Siegfried prend la corne de son frère d'armes et la verse dans la sienne ; le breuvage déborde. Siegfried offre de raconter une aventure de son âge : il dit

comment Mime l'a élevé et qu'il forgea son glaive, tua le dragon et comprit le chant de l'oiseau qui l'avertissait des traîtrises de Mime. »

Hagen exprime le jus d'une herbe dans la corne remplie à nouveau et tend à Siegfried ce breuvage qui lui rendra la mémoire. Il raconte maintenant comment l'oiseau lui révéla Brunnhilde et de quels transports elle l'étreignit. Deux corbeaux croassent : « Que disent-ils? » fait Hagen. Siegfried lève la tête et tourne le dos à Hagen qui lui enfonce son épieu entre les épaules. « Ils disent : Vengeance î » Siegfried soulève son bouclier pour le lancer sur Hagen, mais il s'affaisse, à la renverse.

« J'ai puni le parjure », dit Hagen en gagnant la hauteur d'un pas tranquille. Siegfried, soutenu par deux hommes, agonise : « Brunnhilde, femme sainte, rouvre les yeux. Oh ! flammes de ces yeux, arôme de son soufle ! Brunnhilde trésor d'amour ! » 11 meurt, la nuit vient, la lune éclaire la scène ; on porte solennellement le corps de Siegfried à travers le sentier de la colline. Du Rhin s'élève un brouillard qui cache la scène.

TABLEAU

(Il fait nuit, le manoir des Guibighs tel qu'au premier acte.)

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