SCÈNE II
Siegfried, Hagen, Gunther, Chasseurs,
On entend un cor, Siegfried répond.
Hagcn paraît avec Gunther et les chasseurs. On entasse le gibier. On apporte les cornes à boire. « Trois poules d'eau m'ont dit que je mourrais avant ce soir, » dit Siegfried à la grande épouvante de Gunther. Siegfried boit et tend la coupe à Gunther : « Tu mis dans la liqueur ton sang et non le mien, » dit Gunther. Siegfried prend la corne de son frère d'armes et la verse dans la sienne ; le breuvage déborde. Siegfried offre de raconter une aventure de son âge : il dit
comment Mime l'a élevé et qu'il forgea son glaive, tua le dragon et comprit le chant de l'oiseau qui l'avertissait des traîtrises de Mime. »
Hagen exprime le jus d'une herbe dans la corne remplie à nouveau et tend à Siegfried ce breuvage qui lui rendra la mémoire. Il raconte maintenant comment l'oiseau lui révéla Brunnhilde et de quels transports elle l'étreignit. Deux corbeaux croassent : « Que disent-ils? » fait Hagen. Siegfried lève la tête et tourne le dos à Hagen qui lui enfonce son épieu entre les épaules. « Ils disent : Vengeance î » Siegfried soulève son bouclier pour le lancer sur Hagen, mais il s'affaisse, à la renverse.
« J'ai puni le parjure », dit Hagen en gagnant la hauteur d'un pas tranquille. Siegfried, soutenu par deux hommes, agonise : « Brunnhilde, femme sainte, rouvre les yeux. Oh ! flammes de ces yeux, arôme de son soufle ! Brunnhilde trésor d'amour ! » 11 meurt, la nuit vient, la lune éclaire la scène ; on porte solennellement le corps de Siegfried à travers le sentier de la colline. Du Rhin s'élève un brouillard qui cache la scène.
TABLEAU
(Il fait nuit, le manoir des Guibighs tel qu'au premier acte.)