‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 35 sur 166 · LE PILOTE · texte numérisé non relu

LE PILOTE

Matelots norwégiens ; matelots du « Vaisseau Fantôme », jeunes Norvégiennes.

La scène se passe sur la côte de Norwège, au déhut du xvne siècle.

OUVERTURE

Comme l'opéra lui-même, l'ouverture est une heureuse imitation de Weber. Wagner a voulu faire le poème de l'Océan comme l'auteur du Freychutz fit celui de la forêt et peindre les marins en parallélisme des chasseurs.

Jamais peut-être les voix de l'Océan -en furie n'ont été rendues comme en ces pages d'un effroi si grandiose.

Mais Wagner n'a pas seulement exprimé la mer, il a peint le matelot et le navire. On sent l'angoisse des Nor\végiens pendant celte tempête formidable où le cri des marins maudits ajoute sa stridente horreur et son sinistre blasphème.

Graduellement le vent tombe, la mer s'apaise, l'espoir renaît au cœur des matelots norwégiens ; le péril est conjuré, on a l'impression que le port est proche et qu'ils vont y entrer heureusement.

Alors, planant au-dessus de cet apaisement, la finale de la

ballade de Senta s'élève comme une bénédiction et une prière, infiniment suave après ces transes physiques.

On s'étonne qu'un homme de génie, Litz, qui a compris Wagner le premier, l'a toujours servi et parfois sauvé, ait pu se laisser aller à une paraphrase brillante de cette ouverture et de la ballade.

Tout arrangement pianistique de Wagner paraît un crime d'incompréhension. Au piano, on doit lire ces partitions, et celui qui songe à briller par un trait ne le comprend certes pas.

Au catalogue de Scott, on voit ces vilenies : pot-pourri sur les « Maîtres chanteurs », paraphrase brillante : et cela prouve que même en Allemagne les imbéciles de la musique s'appellent légion.

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