SCÈNE I
Les matelots norwégiens chantent le chant du pilote ; les jeunes filles apportent des boissons pour ceux du Vaisseau Fantôme , où on ne voit aucune lumière. Les Norwégiens s'entêtent à appeler l'équipage ; alors une lueur sinistre flamboie sur le pont, le vent siffle dans les cordages, et la mer s'agite autour du navire mystérieux : et ce chœur effrayant retentit.
Iohohé, Iohohé ! Hohe, hohe, hohe, houhiça ! La tempête nous jette au plein, houhiça, toile au vent, ancre à bord, dans le havre! Viens, capitaine, descends, sept années passèrent : demande la main d'une fille blonde.
Blonde fille, sois fidèle. Sois joyeux fiancé. Le vent du large crie le chant des fiançailles vers la danse des lames, houhi. Écoutez: il a sifflé! Capitaine, le voilà revenu, houhi, carguez les voiles. La fiancée, tu l'as laissée, houhi, en mer ! Capitaine, tu es malheureux en amour, hohoho. Siffle et crie, voix de la tempête ; nos voiles fasseyent, c'est Satan qui les a tissées.
La mer s'agite en tempête autour de la nef maudite. Vainement, les Norwégiens essayent de couvrir de leurs chants le chœur des matelots étranges ; ils reculent et s'enfuient au rire strident des Hollandais.
L'Océan redevient calme.