SCÈNE I Wolfram, Pèlerins, Elisabeth
Il savait la trouver là, en prière, cachant en son cœur la blessure mortelle que lui a faite Tannhauser ; jour et nuit, elle implore le salut du pécheur adoré.
Elle attend le retour des pèlerins : reviendra-t-il de Rome pardonné? Elisabeth a tressailli, un cantique encore lointain s'est fait entendre ; les pèlerins passent et cheminent traversant la vallée, disparaissent derrière la montagne.
Ils chantent, la joie de revoir leur pays, de déposer leurs bourdons. Réconciliés avec le Seigneur par la pénitence, ils ne craignent ni la mort ni l'enfer : Alléluia dans l'éternité! Elisabeth a cherché vainement Tannhauser des yeux : il ne revient pas, alors elle tombe à genoux et fait une prière à la Vierge où elle offre tous ses mérites en expiation des péchés du poète.
En se relevant, elle aperçoit Wolfram qui s'approche 5 elle lui fait signe de ne pas lui parler.
« Me sera-t-il permis d'accompagner tes pas ? » dit le poète.
D'un geste, elle lui exprime sa gratitude et lui montre la route qui monte, symbole de l'effort qu'elle s'est pro-
posé. Il ne doit pas la suivre. Elle gravit le sentier de la Wartburg, on la voit lentement s'éloigner.