‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 57 sur 166 · LOHENGRIN · texte numérisé non relu

LOHENGRIN

En été 1845, aux eaux de Marienbad, il arrêta le plan de « Lohengrin », et ébaucha celui des « Maîtres chanteurs ».

Il travailla à « Lohengrin » tout l'hiver 1846, et commença la musique en septembre à Grosgraufen, où il était en villégiature, près de la résidence royale de Pilnitz. Il travailla ardemment tout l'été de 1847, dans une solitude absolue au vieux palais Marcolini.

Le prélude fut achevé le 28 août.

L'instrumentation l'occupa tout l'hiver et le printemps de

Le 2°2 septembre, il fit entendre à Dresde un important fragment de « Lohengrin »,

La première de « Lohengrin » eut lieu à Weimar le 28 août 1850, sous la direction de Liszt, Wagner était en exil.

Lohengrin, Beck. — Frédéric, Milde. — Le Roi, Hœfer.— Eisa, Mme Agathe. — Ortrude, Fartzlinger.

« Lohengrin » fut monté ensuite à Wiesbaden en 1853.

A Leipzig, Schwerin, Francfort, Darmstadt, Breslau et Stettin, en 1854.

A Cologne, Hambourg, Riga et Prague en 1855.

A Munich et Tienne, en 1858.

A Berlin et Dresde, en 1859.

A Paris, en 1892, c'est-à-dire quarante-deux ans après Weimar ! ! !

PERSONNAGES

HENRI l'Oiseleur, roi d'Allemagne.

LOHENGRIN, fils de Parsifal, chevalier du Graal.

ELSA, princesse de Brabant.

GODEFROID, son jeune frère.

FRÉDÉRIC DE TELRAMUND, comte de Brabant.

ORTRUDE, fille du roi Radbod, sorcière, épouse de Frédéric. Le héraut d'armes du roi.

— Comtes de Saxe et de Thuringe, comtes de Brabant, dames,

pages, bourgeois, varlets.

La scène se passe aux bords de l'Escaut, à Anvers, au début du xe siècle.

PRÉLUDE

Jamais l'impression du surnaturel n'a été pareillement réalisée : c'est Fau delà présent, le ciel ouvert et les anges visibles, ce prélude de Lohengrin !

A genoux seulement on le devrait entendre : il entre dans quelques accents qu'on nommerait les ultima verba de l'humanité.

Dans l'éther pur, un doux battement ailé, qui descend vers la terre autour d'un calice radieux.

Le saint Graal est rendu aux humains : Titurel, un homme pur, a mérité de recevoir l'auguste relique jusque-là soutenue dans l'éther par une légion séraphique.

Oh! quel éclat de splendeur infinie, quand le Graal arrive sous nos yeux, quel éblouissement de l'âme, o sainteté de l'Art, présence réelle de Dieu dans la beauté.

Une stupeur d'extase voit ensuite les célestes messagers remonter dans la région sereine : et par Wagner, la terre possède un morceau de la musique des Trônes et des Dominations.

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