SCÈNE I
Le héraut d'armes : — Henri, roi des Allemands est venu traiter, selon le droit de l'Empire.
Les Brabançons affirment leur obéissance. Le roi se lève, il dit à ses féaux la détresse de l'Empire ; il a obtenu une paix de neuf ans, et, pendant ce laps, a organisé la défense.
Que tout ce qui s'appelle terre allemande lève des combattants.
Debout avec Dieu, pour l'honneur de l'Empire ! Le roi s'assied, il leur a demandé de lui faire un cortège armé jusqu'à Mayence, mais ils sont sans prince : A Frédéric de Telramund, fleur de toute vertu, il s'adresse; Frédéric répond :
« A sa mort, le duc de Brabant lui confia ses enfants Eisa et Godefroid.
« Ce soin était le joyau de son honneur. Qu'on juge de sa douleur, quand un jour Eisa conduisit l'enfant dans la forêt et revint seule.
« Convaincu qu'elle avait tué son frère, je renonçai à
sa main, je pris pour femme, Ortrude, fille du roiRadbod, prince des Frisons. »
Il la présente et elle s'incline devant le roi : il accuse Eisa de Brabant d'avoir tué son frère et réclame la principauté, car il est le plus proche héritier du duc, et sa femme appartient à une race qui donna jadis des princes au pays.
Cette accusation épouvante le roi et l'assistance, Telramund accuse Eisa d'un amour secret ; elle a refusé sa main avec hauteur, sans doute pour favoriser son amant.
Le roi suspend son écu au chêne. Les Saxons et les Thuringiens plantent leurs épées en terre ; les Brabançons mettent leurs armes à leurs pieds.
Ce bouclier ne couvrira la poitrine du roi qu'après une équitable sentence.
Jusque-là, les épées ne rentreront pas au fourreau.
Le héraut appelle Eisa.