‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 85 sur 166 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Précédents et successivement les maîtres chanteurs.

Beckmesser pateline auprès de Pogner, lorsque celuici aperçoit Walther son hôte qui lui avoue son désir de devenir maître chanteur. « Un noble aspire au nom de maître, les temps passés vont renaître. »

Kothner fait l'appel des maîtres et Pogner les harangue : « Demain, c'est la Saint- Jean ; demain, c'est le concours. Or, Dieu m'ayant comblé de biens, moi Pogner, je veux montrer mon âme géuéreuse et mon amour de l'art. Le vainqueur de demain épousera Eva ma fille unique, et aura tout mon bien. »

Il ajoute que, pour l'épouser, il faut lui plaire. Hans Sachs voudrait qu'en un tel débat le peuple consulté décide. A cette idée, ils disputent, on demande à Walther où il apprit l'Art poétique. Au coin du feu, en attendant avril, un vieil auteur relu cent fois, et, mai criblant l'azur de flèches d'or, l'oiseau des bois devint son maître.

Beckmesser s'enferme dans sa loge de marqueur et Koth-

ner lit les règles de la tablature, Walther s'assied. « Commencez » dit le marqueur.

« Commencez, dit avril au bois, le ciel se dore, le joyeux éveil court du mont à la plaine ; sous l'azur radieux, le printemps chante son cantique. » On enten . les coups de craie rageurs de Beckmesser.

Après le second couplet, le marqueur découvre le tableau criblé de craie, les maîtres rient.

Les maîtres se disputent, à peu près tous hostiles ; seul, Hans Sachs engage le chevalier à dire son troisième couplet. Beckmesser parle de hiatus, manque de césure, rythme faux, pathos, mots douteux, pas trace%de mélodie. « C'est un vrai poète, proclame Sachs. » Les maîtres votent : « Repoussé sans appel. » Adieu, pédants pleins de fiel : il sort. Sachs resté seul regarde les écoliers s'emparer du fauteuil où le chevalier s'était assis.

Saint- Jean, demain ! Quelle joie pour les étudiants, les apprentis et toute la jeunesse de Nuremberg :un joli air populaire, chanté par David.

L'accent juvénile de cette page fraîche et bruyante est une petite merveille symphonique.

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