SCÈNE V
Sachs a fermé ses volets. Walther abrite Eva sous son manteau ; David bâtonne Beckmesser, les voisins descendent dans la nuit, les écoliers surviennent. Les maîtres
chanteurs s'insultent et se battent. On s'écrase le nez, on se poche les yeux, les compagnons s'ajoutent à la mêlée; les voisines à leur fenêtre traitent leurs maris d'ivrognes et crient au feu, à l'assassin. Les écoliers sont fous de joie du scandale formidable.
Walther, son épée à la main et tenant Eva par la taille va fuir, Sachs, se faisant place avec son tire-pied, arrête Walther parle bras. On entend le veilleur, tout le monde disparaît en un clin d'œil, les portes se ferment, le théâtre se vide. Sachs pousse chez Pogner Eva à demi évanouie et fait entrer le chevalier chez lui : Beckmesser se sauve en boitant. Le veilleur arrive et déclare tranquille la ville de Nuremberg. « Dieu vous garde des revenants et des mauvais esprits. »
Le personnage de Sachs est le grand côté du poème, et sa méditation un adorable morceau.
On a vu avec raison, dans le savetier poète, qui seul comprend et soutient Walther, ce grand cœur de Liszt sans qui nous n'aurions pas eu Wagner.
La fin de cette rêverie est digne de Shakespeare pour la grâce.