‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 94 sur 166 · L'ANNEAU DU NIBELUNG · texte numérisé non relu

L'ANNEAU DU NIBELUNG

En 4 parties.

La « Tétralogie ». par son étendue seule, est la plus colossale partition qui ait été écrite, les quatre journées de cette épopée en font le monument, le Colysée, la grande pyramide de la musique dramatique.

On sait qu'en 1848, Wagner était Capellmeister à la cour de Saxe ; il avait trente-cinq ans et subissait l'influence d'un fou russe, le nommé Bakounine, apôtre de la destruction universelle.

Wagner fit des discours socialistes il prit le fusil de l'insurgé en 1849 et fut banni.

C'est dans cette période, où il conçut l'idée du théâtretemple et d'une religion d'art, que le génie épique se révéla à lui ; il commença le poème symphonique de « la Mort de Siegfried ».

Dans ^Communication à ses amis, il expose les lois du nouveau drame ; il hésita entre les Nibelungen et Frédéric Barberousse. Il conçut alors l'idée des « Wibelungen » (les Gibelins), sorte d'histoire universelle par la légende où il relie les mythes Scandinaves à l'histoire des Hohenstaufen.

Lorsqu'il quitta Weimar, il apporta à Paris, en 1850, le plan de « Wieland le Forgeron ».

En cette période, il pensa renoncer à la musique et écrire

des drames purement littéraires ; cette idée montre à quel point Wagner est avant tout un poète et un écrivain.

Le Maître a raconté lui-môme dans une lettre à Uhlig comment se forma dans sa tête la Tétralogie colossale.

« Pour rendre la mort de Siegfried possible, je conçus le jeune Siegfried.

« Aujourd'hui, je vois nettementque, pour être compris, je dois représenter d'une façon plastique le mythe tout entier.

« Rappelle-toi le récit de Brunnehilde, dernière scène du jeune Siegfried, la destinée de Siegmound et Seiglinde ; chez Wotan la lutte entre son désir et la morale (Fricka), la noble révolte de la Walkyrie, la colère tragique de Wotan : imagine-toi tout cela condensé, selon mes idées, dans un drame. Je fais précéder ces trois drames d'un prologue qui devra être exécuté séparément, comme introduction au festival dramatique : cela commence par Alberich qui poursuit les ondines du Rhin de ses désirs amoureux et qui, éconduit gaiement par chacune d'elles, leur vole l'or du Rhin dans un accès de dépit ; cet or n'est en soi qu'un joyau des abîmes aquatiques (« Mort de Siegfried », acte III, scène I), mais il s'y attache une puissance qui sera efficace si le possesseur renonce à l'amour.

« La capture d'Alberich, le partage de l'or entre les deux géants, l'accomplissement rapide de la malédiction d'Alberich sur les deux frères, dont l'un assomme immédiatement l'autre, tel est le sujet de ce prologue. — Mais assez causé, car tout ce que je pourrais ajouter ne suffirait pas pour te faire comprendre la souveraine splendeur de ce sujet. »

« L'Or du Rhin », conçu à Dresde en 1848, achevé à Zurich en 1852, continué dans l'hiver 1853, fini en mai 1854.

Représenté pour la première fois, à la demande de Louis II de Bavière, à Munich, le 22 septembre 1869, avec Kinchelmann et Yogi ; capellmeister : Franz Wùllner.

PERSONNAGES

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