V. 207-234] TRAGI-COMEDIE
7 Ma coulpe ne sçauroit s'excuser infinie, [402]
Ma gloire n'estre point de mes larmes ternie, Sans pouuoir neantmoins que dedans le tombeau 10 Esteindre auec mes iours vn Amoureux flambeau.
NOVRRICE.
Depuis que la vertu s'efforce magnanime. Il n'y a mon soucy, vice qu'elle n'opprime,
13 Semez prudente ailleurs vn terroir plus fécond. Et où la recompense à la peine respond. Mille heureux a l'enuy de posséder la place,
16 Préférables de los, de mérites, de race. Suppléent ce défaut, ne faites que choisii* Ne faites que changer d'illicite désir.
SIDERE.
19 Autre objet ne me peut plaire , estrange manie. Contente d'expirer dessous sa tyrannie.
NOVRRICE.
Dites nous la raison valable qui le fait 22 A vos sens aueuglez vn miracle partait.
SIDERE.
Quelque charme inconnu me possède réduite
A me pouuoir esclaue, ou plus prendre la fuite.
NOVRRICE.
25 Tel charme disparoist soumise a la raison, [403]
Elle brise les fers de semblable prison.
SIDERE, l'approuue ce conseil d'affection sincère, 28 Qui ne sert neantmoins que d'aigrir mon vlcere.
NOVRRICE.
Dieux, bons Dieux appliquez vostre puissante main Où désormais ne peut aucun secours humain.
31 Ah ! que tu le prens bien pauure amante éplorée, La guarison du mal s'en va désespérée Si la Parque ou le Ciel ne donnent par pitié
34 Quelque prompte allégeance h ma forte amitié.
Hardy III. 13
196 DORISE. [v. 235-270