‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 10 sur 230 · POETE DV ROY, SVR SON THEATRE · texte numérisé non relu

POETE DV ROY, SVR SON THEATRE

Vel Démon, quel puissant Génie,

IlExpose ji,ux yeux de l'Vniuers,

3 ^UGrece, Rome, & la France vnie Par le doux charme de ses Vers?

Docte main, qui nous représente 6 L'horreur des Martiaux effrois, Et fait paroître l'épouuante Au front des Princes, & des Rois.

9 Puis d'vne lente, & douce force Eueillant leurs plus chauds désirs, Fait voir que l'amour les amorce 1 2 Du faux apas de ses plaisirs.

Et d'vn merueilleux artifice.

Apres auoir bien corabatu, 15 Rend touiours a la fin le vice Tributaire de la vertu.

Graue , & sanglante Tragédie, 18 Qui toute ta gloire reçois De la plume mâle, & hardie Du plus braue de nos François.

21 De quel prix assez magnifique Estimes-tu recompenser,

L'honneur de ta sçene Tragique L'^^J

24 Sans ses mérites offenser?

C'est peu pour luy que le lierre, Le laurier ne luy sufit pas, 27 Ny son nom graué dans la pierre.

Qui fait viure après le trépas.

Le lierre à la fin se passe, 30 Le laurier seiche avec le tems, La pierre a la longue s'éface.

Tout cède à l'iniure des ans.

33 Mais luy sur qui la médisance.

Ne treuue rien à contrôler; Qui triomphe de l'ignorance, 36 Et que rien ne peut ébranler,

Luy qui malgré la loy des Parques, Par l'éfort d'vn vers véhément 39 Fait ressusciter les Monarques, Et les tire du monument;

Tout remply d'honneur, & de gloire, 42 Doit laisser a l'éternité.

Dedans le temple de mémoire, Son nom à la postérité.

L H. DE SAINT lAQVES, Aduocat en Parlement.

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